Le Zimbabwe, ses chutes, ses rhinos et ses rangers...

Les chutes Victoria, à côté desquelles un parc d’attractions historique pourrait voir le jour, sont un atout majeur du Zimbabwe. ©© Edwin Remsberg

Les touristes reviennent au Zimbabwe après avoir été échaudés par les expropriations des fermiers blancs. Il faut dire que le pays a de sérieux atouts pour les amoureux de la faune sauvage…

Qui rêve de voir les éléphants, les lions ou les rhinocéros évoluer dans leur cadre naturel pense immédiatement à un safari au Kenya ou en Tanzanie. Pourtant, un autre pays est en train de se (re) faire une petite place dans le cœur des connaisseurs: le Zimbabwe.

Ce pays d’Afrique australe dirigé de main de fer par Robert Mugabe depuis 1980 avait vu son industrie touristique joliment décoller dans les années 90. Puis l’ancien chef de guérilla a décidé de régler ses comptes avec les fermiers blancs, "vestiges" du passé colonial raciste de l’ancienne Rhodésie du Sud, en les chassant violemment de leurs fermes et en redistribuant leurs terres aux agriculteurs noirs. Les touristes se sont alors détournés du Zimbabwe au même rythme que les investisseurs étrangers lui tournaient le dos. Hyperinflation, dette extérieure mirobolante, défaut de paiement, incapacité d’encore se financer sur les marchés financiers, l’économie zimbabwéenne a sombré dans une véritable spirale infernale.

Faire un safari en Afrique a déjà en soi quelque chose d’insolite. Bien plus que d’aller photographier les lions à Pairi Daiza, en tout cas. Mais au parc national de Matusadona, on a poussé le bouchon un peu plus loin. Ici, c’est à pied que l’on peut approcher les animaux sauvages, dont les rhinocéros noirs en voie d’extinction. Pas question de partir tout seul dans la nature heureusement. Les rangers du parc doivent absolument vous accompagner. On peut aussi y faire des croisières sur le lac Kariba. Mais bon, les frissons ne sont pas les mêmes…

Depuis quelques années, le pays essaie de ressortir la tête hors de l’eau sous la pression du Fonds monétaire international (FMI). Il a notamment réduit la voilure de ses subventions aux petits exploitants agricoles, ceux-là même qui s’étaient vu distribuer les terres confisquées aux fermiers blancs. En juin dernier, les autorités se sont également décidées à remiser au placard le dollar zimbabwéen qui ne valait plus rien et à le remplacer officiellement par le dollar américain et le rand sud-africain qui étaient déjà très largement en circulation.

Les politiques nationalistes restent cependant en place. Les entreprises étrangères ayant des filiales dans le pays ne peuvent pas en détenir plus de 49% des parts. Et la succession de Mugabe, âgé de 91 ans, se prépare à couteaux tirés dans les rangs du parti Zanu-PF au pouvoir.

Mais le touriste est de retour. "Le Kenya connaît aujourd’hui de gros problèmes de sécurité et la Tanzanie est devenue très touristique", explique Jean-François Patiny, directeur à l’agence de voyages Continents Insolites. Il propose désormais aux voyageurs le Zimbabwe comme alternative plus originale et stable, même si "le ministère du tourisme ne fait pas grand-chose pour encourager le tourisme", regrette-t-il.

Un parc d’attractions aux chutes Victoria?

Reste que le pays a quelques sérieux atouts. On peut y voir les majestueuses chutes Victoria à côté desquelles un parc d’attractions historique pourrait bientôt voir le jour. "Ce sera un village géant, au design africain et exposant des scènes villageoises, les traditions et l’histoire", expliquait début juin à l’AFP le promoteur du projet, Dave Glynn, président d’un groupe hôtelier local. Mais surtout, le Zimbabwe dispose de magnifiques parcs naturels où l’on peut observer lions, éléphants, rhinocéros (noirs et blancs), hippopotames, léopards, etc. Ces animaux sauvages, on les retrouve chez ses voisins, c’est vrai. Mais pour Patiny, les guides zimbabwéens sont uniques.

©Photo News

 "De toute l’Afrique australe, c’est ici que l’on trouve les meilleurs guides et rangers. Ils ont un savoir-faire extraordinaire", explique-t-il. Au point où l’on peut en certains endroits y faire des safaris à pied, une expérience qui pourrait très vite mal tourner sans l’accompagnateur adéquat…

Le pays a su préserver sa faune, même si les braconniers mozambicains n’hésitent pas à traverser sa frontière orientale. Le Zimbabwe se paie même le "luxe" de ne plus savoir quoi faire de ses éléphants, carrément envahissants dans certaines régions où les agriculteurs n’en peuvent plus de les voir saccager leurs récoltes. Début juillet, il en exportait encore 20 vers la Chine. Même le rhinocéros noir, espèce en voie de disparition, y a trouvé un havre de paix, au point que le Zimbabwe en a vendu 5 au Botswana.

Deux semaines pour découvrir le Zimbabwe, top chrono!

1. Le Grand Zimbabwe, un site archéologique constitué de ruines en granit. Construit entre le XIe et le XVe siècles sous l’empire Monomotapa, la légende veut qu’il ait été la capitale de la reine de Saba.

2. Le parc de Matopo où le colonialiste anglais Cecil Rhodes est enterré. On y trouve des peintures rupestres vieilles de 13.000 ans.

3. Les chutes Victoria, "découvertes" par l’explorateur écossais David Livingstone.

4. Le parc Hwange, grand comme quasi la moitié de la Belgique, où l’on peut voir les "big five" (lion, rhinocéros, éléphant, buffle et léopard); la chasse vient toutefois d’être suspendue après le tollé provoqué par la mort illégale du lion icône Cecil, abattu par un dentiste américain.

5. Le parc Matusadona et ses rhinocéros noirs.

6. Le lac Kariba, le plus grand lac artificiel d’Afrique.

7. Le parc de Mana Pools, rendez-vous du tourisme de luxe.

©mediafin


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