Mis en garde des voyageurs au Kenya

©REUTERS

Des centaines de touristes britanniques étaient évacués vendredi de la côte du Kenya par des vols affrétés par leurs agences de voyage après les mises en garde de plusieurs capitales contre une "menace terroriste". La Belgique recommande aussi la plus grande vigilance à ses ressortissants.

Environ 400 touristes britanniques en vacances à Mombasa, au Kenya, ont été ou vont être rapatriés par leurs agences de voyage, après la publication mercredi par le Foreign Office d'un avertissement concernant "une menace persistante de terrorisme" dans la zone.

Express

Quatre personnes ont été tuées vendredi dans deux explosions, l'une sur un marché proche du centre-ville de Nairobi, la capitale du Kenya, l'autre dans un minibus à proximité, a annoncé le Centre kényan de gestion des catastrophes (NDOC). "Deux explosions (ont été) signalées" dans le quartier de Gikomba. "La première dans un matatu (minibus public) de 14 places, la seconde sur le marché de Gikomba", situé à quelques centaines de mètres du centre-ville de Nairobi, a annoncé le NDOC sur Twitter.

Thomson et First Choice, filiales du plus gros voyagiste d'Europe, TUI Travel, coté à Londres, ont annulé tous leurs vols vers Mombasa jusqu'au 31 octobre inclus.

"Par mesure de précaution, nous avons également pris la décision de rappatrier vers le Royaume-Uni tous nos clients actuellement en vacances au Kenya", ont-elles annoncé dans un communiqué.

Une porte-parole des deux entités a indiqué à l'AFP qu'environ 400 clients séjournaient actuellement dans la région de Mombasa. "Un premier avion a atterri vendredi matin à (l'aéroport londonien de) Gatwick. Le reste des vacanciers devraient arriver ce soir", a-t-elle ajouté.

Mercredi, le Foreign Office britannique a "déconseillé tout voyage non essentiel" à Mombasa, deuxième ville du pays, et sur une partie de la côte kényane, dont elle est la principale ville, deux jours après des avertissements similaires de la France (qui a limité son alerte à la ville de Mombasa) et de l'Australie. Le Canada déconseille aussi depuis début mai tout voyage dans la région de Mombasa, touchée le 3 mai par deux attentats à la bombe, l'un contre un bus dans le centre-ville, qui a fait quatre morts, l'autre près de l'entrée d'un hôtel de bord de mer accueillant des touristes occidentaux, qui n'a pas fait de victime.

Par ailleurs, une voiture piégée, au dispositif sophistiqué et prêt à l'emploi a été découverte mi-mars à Mombasa.

La Belgique, quant à elle, déconseille les voyages non essentiels. 

"Dans le contexte d’affaires judiciaires actuellement en cours, on considère que le risque d’enlèvement de Belges est à prendre au sérieux.  Une vigilance particulière est recommandée à cet égard" note les Affaires étrangères dans une note datée du 8 mai, "toujours valable le 16 mai", lit-on sur son site internet.

"La plus grande prudence est donc vivement conseillée, particulièrement dans les grandes villes comme Nairobi et Mombasa. Le risque de nouveaux attentats terroristes semble probable. Il pourrait en découler des tensions entre les différentes communautés, particulièrement vis-à-vis de la population somalienne vivant au Kenya."

"Actes inamicaux"

Les autorités kényanes ont qualifié jeudi d'"actes inamicaux" les avertissements des pays occidentaux concernant la côte kényane.

Les acteurs du tourisme, secteur qui représente une part importante de l'économie et de l'emploi du Kenya, se sont inquiétés de cette mesure de rapatriement pour la santé du secteur, déjà mal en point.

"Nous sommes surpris, il n'y a pas de danger grave imminent pour justifier ces mesures. Cela va être un coup dur pour le secteur du tourisme. La haute saison devait commencer en juillet", a expliqué Sam Ikwaye, un cadre de l'Association des hôteliers et restaurateurs du Kenya, soulignant que de nombreux contrats étaient par ailleurs signés durant cette période en vue de la saison suivante.

M. Ikwaye a estimé que les hôtels de la région pourraient voir jusqu'à 70% de leurs recettes s'envoler et s'est inquiété du fait que les touristes d'autres pays soient également rapatriés.

→ Selon les chiffres les plus récents, le tourisme représentait directement ou indirectement 14% du produit national brut et fournissait quelque 700.000 emplois directs ou indirects, soit environ 12% des emplois du pays.

Mohammed Hersi, patron du groupe hôtelier Heritage, a estimé que "de nombreux emplois" allaient disparaître et que l'alerte émise par Londres allait "avoir des répercussions à long terme sur le tourisme au Kenya".

Le Kenya, réputé pour ses safaris et ses plages de sable blanc, a reçu à peine plus d'un million de visiteurs en 2013, soit une baisse de plus de 11% par rapport à 2012, attribuée par les autorités aux "menaces terroristes".

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