Otages français libérés au Cameroun

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La famille française enlevée en février au nord du Cameroun par les islamistes de Boko Haram et retenue depuis au Nigeria a été libérée. L'annonce a été faite ce vendredi matin par les autorités camerounaises et ensuite confirmée par la présidence française.

Le président camerounais Paul Biya a annoncé ce vendredi la libération de la famille de sept otages français -dont quatre enfants- enlevés il y a deux mois dans le nord du Cameroun par le groupe islamiste nigérian Boko Haram et détenus depuis au Nigeria.

"Le président de la République du Cameroun, Paul Biya, annonce à l'opinion publique nationale et internationale que les sept otages français enlevés le 19 février 2013 à Dabanga (nord) ont été rendus cette nuit aux autorités camerounaises", selon un communiqué lu à la radio nationale.

Les otages français sont "tous en bonne santé", a précisé la présidence française, ajoutant que le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius s'était "immédiatement rendu sur place" au Cameroun. "J'ai eu la famille au téléphone. Ils sont extrêmement heureux et en forme", a déclaré Fabius.

Il a précisé que les otages avaient été libérés dans la nuit de jeudi à vendredi "dans une zone entre le Nigeria et le Cameroun". De source diplomatique, la famille se trouve "actuellement à l'aéroport de Yaoundé avec l'ambassadeur de France au Cameroun" et devrait se rendre à l'ambassade.

Le 19 février, un couple de français, leurs quatre fils, et l'oncle des enfants, venaient de quitter le parc national de Wasa dans l'extrême-nord du Cameroun lorsque leur 4X4 a été intercepté par des hommes à moto appartenant à la secte islamiste Boko Haram. La famille a ensuite été emmenée au Nigeria voisin.

Depuis 2009, Les islamistes de Boko Haram s'opposent dans le nord-est du Cameroun aux forces gouvernementales et le bilan de ces violences, commises de part et d'autre, dépasse les 3.000 morts.

Deux enregistrements

La famille d'expatriés français résidait depuis 2011 à Yaounde où le père travaillait pour GDF Suez. Cyril, l'oncle, les avait rejoints pour des vacances. Depuis le rapt, deux enregistrements avaient été rendus publics. Le 25 février, une vidéo montre les captifs entourés de ravisseurs en armes et le visage caché par des chèches se réclamant de Boko Haram.

L'un d'eux y lie l'enlèvement de la famille à "la guerre contre l'islam menée par la France" et exige la libération d'épouses, détenues au Nigeria, et de prisonniers au Cameroun. Ces revendications sont "hors de portée de la France", réagit alors le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius.

Le sort de la famille émeut, jusqu'au nouveau pape François. Le 18 mars, un enregistrement sonore de Tanguy Moulin-Fournier est diffusé. Il évoque des "conditions de vie très dures": "Nous perdons nos forces chaque jour et commençons à être malades, nous ne tiendrons pas longtemps", dit-il.

Le président François Hollande a indiqué plusieurs fois tout faire pour obtenir la libération des otages. "La politique de la France, c'est qu'il n'y a pas de versements de rançons", avait-il dit fin mars.

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