Publicité

RDC: les élections prolongées jeudi après une première journée "chaotique"

Une électrice vote dans un bureau de vote à Kinshasa, en République démocratique du Congo, le 20 décembre 2023. ©EPA

Les observateurs électoraux et les opposants ont dénoncé des "irrégularités" et un "chaos total" lors des élections ce mercredi en RDC. Les élections se poursuivent donc ce jeudi.

Centres de vote fermés, dysfonctionnement des machines à voter, interdiction d'accès aux observateurs... Les conditions dans lesquelles les Congolais ont voté, mercredi, sont décrites comme "catastrophiques" par les principaux observateurs électoraux, la CENCO-ECC, représentant les autorités religieuses de la République démocratique du Congo (RDC), à tel point que la question de la crédibilité des élections est posée.

D'après un rapport établi sur base des témoignages des milliers d'observateurs déployés à travers le pays, 31% des bureaux de vote sont restés fermés. Dans 45% des bureaux ouverts, un dysfonctionnement du dispositif électronique a causé l'interruption du vote.

"C'est une catastrophe. Plus de 70% des électeurs ont été dans l'impossibilité de voter", explique Bob Kabamba, professeur à l'ULiège et présent à Kinshasa en tant qu'observateur. "Ce n'est qu'un premier rapport couvrant uniquement les chefs-lieux. On ignore ce qui s'est passé dans le reste du territoire, où la situation serait plus grave."

Dans la soirée de mercredi, la commission électorale a dû se rendre à l'évidence: le vote a eu lieu, mais pas complètement, obligeant les élections à se prolonger ce jeudi.

"Le principe est qu'aucun Congolais ne doit être laissé pour compte."

Denis Kadima
Président de la CENI

La CENI sommée de clarifier la situation

La CENCO et l'ECC, qui représentent respectivement l'Église catholique et protestante, sont les seules entités capables d'envoyer des observateurs électoraux à travers le pays. Plus de 25.000 personnes formées à cette fin ont été déployées.

Dans leur rapport, les deux organisations demandent à la CENI, la commission électorale, "de clarifier ce qu'elle compte faire avec les bureaux non ouverts ou qui ont ouvert tardivement". Elles demandent aux autorités de "prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des électeurs" et appellent les Congolais à "persévérer pour exercer son droit de vote" et "assurer la surveillance du vote".

À la veille du vote, le président de la CENI, Denis Kadima, avait averti que les retards attendus dans l'organisation pourraient obliger certaines personnes à voter après mercredi. "Le principe est qu'aucun Congolais ne doit être laissé pour compte", avait-il déclaré à la télévision d'État. Mais pour la CENCO-ECC, une prolongation du vote pourrait porter à l'intégrité des élections.

Des électeurs font la queue dans un bureau de vote de l'école Bwakya à Lubumbashi, le 20 décembre 2023. ©AFP

Difficultés d'organisation

Plus de 43 millions d'électeurs congolais étaient invités, mercredi, à élire leur nouveau président de la République. Ils devaient aussi choisir leurs représentants nationaux, provinciaux et communaux, lors d'un scrutin comptant plus de 100.000 candidats.

De graves difficultés d'organisation sont apparues en amont des élections, comme l'incapacité d'acheminer les machines à voter dans les bureaux de vote, l'effacement des cartes d'électeurs, des listes électorales incomplètes.

"L'organisation est chaotique, il y a des endroits où cela fonctionne et d'autres où il n'y a ni bureau de vote, ni machine à voter", poursuit Bob Kabamba.

Des actes de violence ont également eu lieu dans plusieurs endroits, certains électeurs se montrant excédés.

"De nombreux problèmes techniques ont trouvé des solutions ponctuelles insatisfaisantes, affectant gravement la crédibilité des élections."

Eric Kennes
Chercheur à l'Institut royal Egmont

Les résultats attendus fin décembre

Les résultats devraient être communiqués fin décembre. Selon un sondage récent, le président sortant Félix Tshisekedi était donné favori, face à ses principaux rivaux Moïse Katumbi, Martin Fayulu et le docteur Denis Mukwege.

"S’il est très probable que le président sortant Tshisekedi soit proclamé vainqueur, la question est de savoir à quel prix", observe Eric Kennes, chercheur à l'Institut royal Egmont, "de nombreux problèmes techniques ont trouvé des solutions ponctuelles insatisfaisantes, affectant gravement la crédibilité des élections".

Les opposants se sont insurgés face à cette désorganisation, en soupçonnant le régime d'avoir placé ses hommes à la tête de la CENI. Moïse Katumbi et le docteur Mukwege ont constaté "des irrégularités", Martin Fayulu a dénoncé un "chaos total".

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité
Publicité
Messages sponsorisés
Tijd Connect
Echo Connect offre aux organisations l'accès au réseau de L'Echo. Les partenaires impliqués sont responsables du contenu.
Partnercontent
Partner Content offre aux organisations l'accès au réseau de L'Echo. Les partenaires impliqués sont responsables du contenu.