Reynders à propos de la RDC: "C'est une situation qui inquiète très fortement"

©AFP

La République démocratique du Congo a annoncé l'expulsion prochaine de l'ambassadeur européen, le Belge Bart Ouvry. Juste avant l'élection présidentielle de dimanche et alors que le pays est sous forte tension...

Après trois reports depuis fin 2016, les Congolais doivent désigner ce dimanche le successeur du président Joseph Kabila à la tête du plus grand pays d'Afrique sub-saharienne. Le pays est sous tension. 

L'opposition est donnée favorite par un sondage qui pointe "un potentiel de violence extrêmement élevé" après le scrutin... Pour rappel, Joseph Kabila, 47 ans, a renoncé à briguer par la force un troisième mandat interdit par la Constitution. Trois candidats se détachent dans la course à sa succession: son "dauphin" Emmanuel Ramazani Shadary, donné perdant par les sondages de trois organismes, et les deux opposants, Martin Fayulu et Félix Tshisekedi. Ces trois hommes promettent d'injecter en cinq ans des dizaines de milliards de dollars dans l'économie pour élever le niveau de vie moyen des Congolais (458 dollars par personne et par an).

La coalition politique autour du candidat d'opposition Martin Fayulu avait ainsi lancé ce jeudi un appel à une journée "ville morte" dans toute la RDC pour protester contre le report des élections de dimanche à Beni et Butembo (Est), officiellement en raison de l'épidémie d'Ebola et des violences. Ce vendredi, la grève générale semble peu suivie. 

Autre signe de tension, le pouvoir de Kinshasa avait demandé jeudi le départ du représentant de l'Union européenne. Il s'agit d'une mesure de rétorsion de la RDC après le prolongement des sanctions européennes qui visent 14 officiels congolais dont le candidat du pouvoir à l'élection présidentielle, Emmanuel Ramazani Shadary. Or, le gouvernement congolais avait demandé la "levée" ou la "suspension" des sanctions européennes "jusqu'à la tenue des élections générales en RDC".

L'expulsion du chef de mission de l'UE, le Belge Bart Ouvry, "sanctionne d'une part le comportement répréhensible de l'intéressé et d'autre part s'inscrit dans le cadre de la réciprocité", a expliqué le chef de la diplomatie congolaise.

L'Union européenne a jugé cette mesure d'expulsion "totalement injustifiée". "A la veille d'élections très difficiles en RDC, une telle décision ne peut être considérée que comme contre-productive", explique un porte-parole de l'UE.

Quant à Didier Reynders, il confirme que  "c'est une situation qui inquiète très fortement". Notre ministre des Affaires étrangères et de la Défense juge "sans fondement" la décision d'expulser l'ambassadeur de l'UE en RDC. Il ajoute:  "On a coutume de cela du côté belge",en référence aux mesures prises par Kinshasa à l'encontre de la Belgique pour des critiques antérieures sur l'évolution politique en RDC.

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