Un scrutin incertain pour succéder à Kabila

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L’Echo préface les élections phares prévues dans le monde en 2018. Aujourd’hui: le Congo. 5/5

♦ L’enjeu

Les élections présidentielles en RDC devraient avoir lieu le 23 décembre 2018, plus de deux ans après la fin du mandat du président Joseph Kabila. Si tout va bien… car le premier enjeu des élections est la tenue du scrutin en tant que tel après plusieurs reports successifs. Pour l’instant, les questions politiques et économiques, dans l’un des pays les plus pauvres du monde, restent à l’arrière-plan.

Il semble que Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, n’ai pas l’intention de quitter de sitôt son fauteuil présidentiel.
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Le scrutin pourrait apporter une transition démocratique et peut-être mettre fin aux tueries qui se sont multipliées dans le pays, en particulier après le refus de Kabila de tenir les élections le 19 décembre 2016, comme prévu par le Constitution. Plusieurs excuses avaient été invoquées par le "clan Kabila" pour repousser cette échéance. Manque de moyens financiers, impossibilité de recenser les électeurs dans un pays de 89 millions d’habitants, grand comme 80 fois la Belgique.

Après l’annulation du scrutin fin 2016, le président Kabila avait convenu avec l’opposition, sous les auspices du clergé, de le reporter fin 2017. Mais cette échéance ne fut pas respectée. Il semble que Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, n’ai pas l’intention de quitter de sitôt son fauteuil présidentiel. La semaine dernière encore, une manifestation de l’opposition appelant à un scrutin libre et au départ de Kabila a été réprimée par la force, faisant plusieurs morts.

♦ La personnalité

Des candidats de l’opposition, qui compte 477 partis, se sont déjà fait connaître. Le plus cité est Moïse Katumbi, le très populaire ancien gouverneur du Katanga et champion du parti G7 (sept partis ayant quitté le gouvernement en 2015). Cet homme d’affaires fut décrit comme "le deuxième homme le plus puissant de RDC". Il ressort en tête des sondages. Mais depuis qu’il a annoncé sa candidature, sa vie est devenue un enfer. Moïse Katumbi a subi plusieurs tentatives d’empoisonnement. Il a été condamné à la prison et, depuis lors, il vit en Europe. Cette distance ne sert pas sa popularité à long terme. Pour être élu, il devra retourner au Congo où sa sécurité est plus que compromise.

♦ L’état des lieux actuel

La campagne n’a pas démarré, la date des élections venant juste d’être reportée à fin 2018. Pour l’instant, les forces d’opposition se mobilisent surtout pour que le scrutin ait lieu. Outre Moïse Katumbi, l’opposition est représentée par Felix Tshisekedi, le candidat pour l’Union pour la démocratie et le progrès social. Le fils du fondateur de l’UDPS et opposant historique Etienne Tshisekedi, décédé en février 2017 à Bruxelles, a créé l’unanimité au sein de la formation.

Le taux de popularité de l'épouse de Joseph Kabila, Marie Olive Lembe Kabila, est plus élevé dans les sondages que celui des autres candidats pro-Kabila.
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Sa popularité auprès des Congolais est moindre que celle de Katumbi. Mais il est le principal opposant encore présent dans le pays. L’UDPS est toutefois divisé entre deux ailes, l’une fidèle à Felix Tshisekedi (UDPS "branche Limete"), et l’autre au Premier ministre Bruno Tshibala nommé par le président Kabila (UDPS "branche Tshibala"). Chacun organise ses réunions et suit sa stratégie.

Le président Joseph Kabila n’a pas le droit de se représenter. Son clan devrait choisir un dauphin, mais personne à ce jour ne s’est aventuré à spéculer publiquement sur son nom. En coulisse, on cite le nom de son jeune frère Zoe Kabila, celui d’Aubin Minaku, le président de l’Assemblée nationale, ou de Matata Ponyo, un ancien Premier ministre de la RDC et fonctionnaire du FMI. Le nom de l’épouse de Joseph Kabila, Marie Olive Lembe Kabila, revient souvent. Son taux de popularité est plus élevé dans les sondages que celui des autres candidats pro-Kabila.

Vital Kamerhe sera candidat pour l’Union pour la nation congolaise (UNC). Il s’était classé 3è aux élections de 2011.

♦ Le chiffre clé

Avec un PIB par habitant de 499 dollars par an en 2016, le Congo est un des pays les plus pauvres du monde (Belgique: 41.096 dollars). Les immenses richesses du pays sont entre les mains du clan Kabila, qui se trouve à la tête d’un réseau de plus de septante sociétés (mines, banques…).

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