Ça vous dirait un ancien révolutionnaire comme président?

Carlos Lozada (le commandant des Farc) et Ivan Marquez (le négociateur en chef des Farc), ont annoncé le lancement de leur parti politique le 1er septembre. ©AFP

Quand des anciens révolutionnaires veulent rentrer dans les rangs, ils abandonnent leurs armes au profit de la politique.

C'était le plan depuis le début. "Nous avons fait la paix pour participer à la politique", a affirmé de son côté le négociateur en chef des Farc, Ivan Marquez.

En novembre dernier, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) ont en effet signé un accord de paix avec le gouvernement après plus d'un demi-siècle de conflit armé faisant au moins 260.000 morts, plus de 60.000 disparus et 7,1 millions de déplacés. L'accord de paix, conclu au terme de quatre ans de négociations à Cuba, prévoit la transformation des Farc en parti politique.

Et bien, on y est. Le parti doit voir le jour le 1er septembre à la suite d'un congrès des Farc pendant le mois d'aoûtLe nom et la ligne politique y seront décidés. Les Farc vont donc connaître une seconde vie sous forme de parti politique, avec en ligne de mire les élections générales de 2018, pour lesquelles elles pourraient présenter un candidat présidentiel. "Quelles seront ses mots d'ordre politiques, quelle idéologie va-t-elle adopter? C'est une question qui définira son succès politique", souligne Jorge Restrepo, directeur du centre d'analyse du conflit Ceralc.

La "lutte contre la corruption" et pour que "la violence se termine" feront partie des mots d'ordre de ce parti, a indiqué Mauricio Jaramillo, l'un des plus hauts dirigeants du mouvement. Mais les Farc vont surtout devoir composer avec deux éléments. D'un côté, ils ont acquis une vision plus ouverte et plus tolérante grâce aux négociations de paix. De l'autre, ils maintiennent une conception marxiste-léniniste et des pratiques politiques de la clandestinité.

Pas de prison, mais la politique

Offrir un nouveau départ aux 7.000 anciens combattants, pourquoi pas, mais la politique est un terrain particulièrement difficile.

Ce nouveau parti va-t-il réussir à convaincre les Colombiens qui ont été victimes de violences? Les Farcs recueilleraient 82% d'opinion défavorable, d'apr!s un sondage Gallup. Par ailleurs, "de nombreux membres des Farc feront de la politique sans avoir été en prison", observe aussi l'analyste du cabinet Crisis Group en Colombie, Kyle Johnson, ce qui ne fonctionne pas vraiment comme un aimant à vote. 

D'un autre côté, les autres partis politiques n'auront peut-être pas envie de nouer des alliances avec un parti issus de la plus importante guérilla du pays qui pratiquait les enlèvements et l'extorsion de fonds. Les anciens guérilleros auront en tout cas un minimum de dix sièges au Congrès, selon l'accord de paix.

"Adieu aux armes, adieu à la guerre, bienvenue à la paix", a déclaré Rodrigo Londono, principal dirigeant du mouvement, surnommé Timochenko.

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