Colombie: Santos et Zuluagua qualifiés pour un duel sur la paix

Oscar Ivan Zuluaga a recueilli dimanche 29,3% des suffrages contre 25,7% pour Juan Manuel Santos. ©EPA

Oscar Ivan Zuluaga, le candidat de la droite à l'élection présidentielle en Colombie, a devancé le chef d'Etat sortant Juan Manuel Santos au premier tour dimanche et les deux hommes s'affronteront le 15 juin lors d'un deuxième tour.

Fermement opposé aux négociations de paix en cours avec les rebelles marxistes des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), Oscar Ivan Zuluaga a recueilli dimanche 29,3% des suffrages contre 25,7% pour Juan Manuel Santos.

"Nous déciderons le 15 juin si nous voulons encore la même chose ou si nous voulons le changement pour une Colombie meilleure, si nous voulons un pays qui devient plus dangereux chaque jour ou si nous voulons bâtir un pays sûr, comme celui que nous avions entre 2002 et 2010", a lancé Oscar Ivan Zuluaga à ses partisans, en allusion aux huit années de présidence d'Alvaro Uribe.

L'élection a de fait pris des allures de référendum sur la stratégie mise en oeuvre par Santos pour mettre fin à la guérilla entamée il y a un demi-siècle et dont le bilan s'élève à 200.000 morts.

Oscar Ivan Zuluaga s'oppose à la négociation et prône la relance de la politique de fermeté menée par son mentor, l'ancien président Alvaro Uribe, avec l'appui des Etats-Unis.

Uribe a rompu avec Santos, qui fut son ministre de la Défense, lorsque ce dernier a opté pour la négociation, après huit ans d'une dure répression militaire qui a coûté la vie à plusieurs chefs de file des Farc et qui a divisé par deux les effectifs du mouvement marxiste, désormais évalués à 8.000 hommes.

Les discussions, qui se déroulent à Cuba, ont porté leurs fruits sur trois des cinq points retenus par les deux camps. Les Farc ont notamment accepté récemment de renoncer au trafic de drogue.

Zuluaga reste toutefois convaincu que le processus est voué à l'échec, tout comme les trois précédentes tentatives menées depuis les années 1980. Celle qui a abouti à l'accord de paix de 1999 avait permis au mouvement de recruter et de s'impliquer davantage dans le narcotrafic.

Beaucoup de Colombiens jugent inacceptables que des guérilleros accusés de crimes contre l'humanité puissent bénéficier d'une amnistie ou se reconvertir dans la politique.

Zuluaga, qui a fait campagne en compagnie d'Uribe, n'a cessé de rappeler que la politique de fermeté menée par ce dernier avait conduit à un recul de l'insécurité sans précédent depuis le début de la guérilla, en 1964.

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