Destitution de Rousseff: le Brésil retient son souffle

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Le Sénat brésilien a donné le coup d'envoi ce mercredi d'une séance historique où il décidera s'il écarte du pouvoir la présidente Dilma Rouseff. Le vote doit avoir lieu dans la soirée. Si la destitution est approuvée, elle prendra effet jeudi et le vice-président Michel Temer sera chargé d'assurer l'intérim.

La séance plénière pour débattre de l'ouverture d'un procès en destitution de Rousseff a commencé  dans la capitale brésilienne avec une heure de retard à 10H0, heure belge. Le vote final devrait survenir tard dans la nuit, l'opposition affirmant avoir la majorité simple (41 voix) requise pour suspendre pendant six mois la première femme présidente du Brésil dans l'attente de son jugement.

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Dilma Rousseff vit probablement ses dernières heures à la tête du plus grand pays d'Amérique du Sud. Depuis les révélations de son implication dans le scandale de plusieurs maquillages des comptes publics, la dirigeante de gauche tente par tous les moyens d'échapper à sa destitution. Le camp Roussef espérait encore un sauvetage in extremis par le Tribunal suprême fédéral (STF).

La présidente a présenté mardi soir un recours de dernière heure devant la haute juridiction, lui demandant d'annuler ce qu'elle dénonce comme un "coup d'Etat" institutionnel "sans armes ni baïonnettes". Mais le recours a été rejeté par le tribunal suprême en cours de journée ce mercredi.

L'opposition accuse la présidente d'avoir commis un "crime de responsabilité" passible de destitution selon la Constitution, en maquillant sciemment les comptes publics pour dissimuler l'ampleur des déficits en 2014, année de sa réélection disputée, et en 2015. Elle lui reproche notamment d'avoir fait supporter aux banques publiques des dizaines de milliards de dépenses incombant au gouvernement.

Et la suite?

Une cinquantaine de sénateurs sur 81 se sont dits favorables à l'ouverture du procès de cette ex-guérillera torturée et emprisonnée sous la dictature militaire. Soit sensiblement plus que la majorité simple requise de 41 votes. "Nous avons 20 voix, eux 50 environ (...). Il n'y a pas de miracle", a reconnu mercredi, avant le vote, le sénateur du Parti des travailleurs (PT, gauche) au pouvoir Paulo Paim. "Elle sera écartée pour six mois et on va entamer le débat sur le bienfait de son départ", a-t-il ajouté.

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Sauf énorme surprise, Dilma Rousseff sera suspendue pendant un délai maximum de 180 jours en attendant le jugement définitif des sénateurs, qui pourrait intervenir en septembre. Elle devrait être remplacée d'ici vendredi par son ancien allié devenu rival, le vice-président Michel Temer (photo), 75 ans, dirigeant du grand parti centriste PMDB qui a claqué la porte de sa coalition fin mars.

En cas de destitution définitive de la présidente Rousseff, il assumerait la présidence jusqu'aux prochaines élections générales (présidentielle et législatives) en 2018.

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