Dilma Rousseff se rapproche de la destitution

©REUTERS

Les sénateurs brésiliens ont voté en faveur de la tenue d'un procès contre la présidente Dilma Rousseff, suspendue depuis mai dernier pour maquillage des comptes publics. Le verdict, qui doit tomber d'ici la fin du mois, pourrait l'écarter définitivement de la vie politique de son pays.

A plus de 1000 kilomètres de l'effervescence de Rio et des Jeux Olympiques, le processus de destitution de Dilma Rousseff poursuit inlassablement son cours dans la capitale Brasilia. Les sénateurs brésiliens viennent, en effet, de valider par 59 voix contre 21 la tenue d'un procès contre la présidente, déjà suspendue depuis mai dernier pour maquillage des comptes publics.

La décision des sénateurs fait suite à la publication la semaine dernière d'un rapport qui a conclu que la chef de l'Etat était coupable d'avoir violé la Constitution en manipulant les comptes publics en vue de favoriser sa réélection en 2014. Une pratique à laquelle ses prédécesseurs ont largement eu recours par le passé, précise l'AFP.

Sur le plan strictement juridique, le parquet brésilien lui a pourtant donné partiellement raison, en estimant que les tours de passe-passe budgétaires qui lui sont reprochés n'étaient pas constitutifs de crimes. 

Mais alors que le verdict définitif se trouve une fois de plus entre les mains des sénateurs, son issue ne laisse pas beaucoup de place à l'hésitation. La présidente semble, en effet, plus esseulée que jamais.

Le Sénat brésilien. ©AFP

Si les élus se prononcent par une majorité des deux-tiers pour la destitution, la cheffe de file du Parti des travailleurs (PT) sera définitivement écartée du pouvoir. Dans quel cas, c'est l'actuel président par intérim Michel Temer qui la remplacera jusque 2018.

Pour l'épilogue de cet imbroglio politique, il faudra donc attendre la fin du mois, peu après la clôture des Jeux Olympiques.

De son côté, Dilma Rousseff nie avoir enfreint la loi et accuse une conspiration organisée par l'opposition de droite, dont Michel Temer est le leader. Parmi les partisans de la présidente, nombreux sont ceux qui dénoncent le fait que le procès soit laissé entre les mains des élus, alors que plusieurs des représentants siégeant au Sénat sont eux-mêmes soupçonnés d'être impliqués dans le scandale Petrobras, qui secoue le Brésil depuis des mois. "Les dés sont pipés. Il n'y aura pas de procès, juste un verdict écrit à l'avance", déclarait ce mardi un sénateur du Parti des travailleurs.

©AFP

A l'heure où les "Fora Temer!" ("Temer dehors!") se joignent aux "Fora Dilma!" dans les manifestations, le président par intérim garde néanmoins la côte sur les marchés financiers. Depuis le début de l'année, le réal brésilien s'est renforcé et la Bourse de Sao Paulo a gagné 30%. 

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés