Guaido reconnu par la Belgique et la moitié des pays de l'UE comme président du Venezuela

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Le président du Venezuela Nicolas Maduro a rejeté l’ultimatum des Européens l’invitant à organiser des nouvelles élections. Plusieurs États de l’UE, dont la Belgique, ont reconnu lundi le président par intérim Juan Guaidó. Les Etats-Unis n’écartent pas l’option militaire.

La Belgique a reconnu lundi Juan Guaidó comme président par intérim du Venezuela. "Nous soutenons @jguaido dans sa mission d’organiser des élections libres et transparentes, permettant à la population de s’exprimer librement", a écrit Didier Reynders sur con compte Twitter. Selon un proche du ministre, cette déclaration est bel et bien un acte de reconnaissance.

D’autres capitales ont fait de même durant la journée. Plus de la moitié des pays européens reconnaît désormais Juan Guaidó, un social démocrate, autoproclamé président par intérim du Venezuela le 24 janvier (Espagne, Royaume-Uni, France, Autriche, Danemark, Suède, Allemagne, Pays-Bas, Finlande, Pologne).

Il y a dix jours, un groupe de six États, dont la France et le Royaume-Uni, avait mis en demeure le président Maduro d’annoncer des élections anticipées pour lundi. Dimanche soir, le dirigeant bolivarien rejetait cet ultimatum. Il annonçait aussi que son gouvernement reverrait les relations entre le Venezuela et les États qui reconnaissent Juan Guaidó.

"Pourquoi faut-il que l’Union européenne dise à un pays du monde qui a déjà organisé des élections qu’il doit refaire son élection présidentielle, parce que ce ne sont pas ses alliés de droite qui l’ont gagnée?", a répliqué Nicolas Maduro lors d’un entretien télévisé. Il promet d’organiser des élections, mais uniquement législatives, afin de balayer Juan Guaidó, qui est aussi président de l’Assemblée nationale.

"Nous soutenons @jguaido dans sa mission d’organiser des élections libres et transparentes."
Didier reynders
ministre belge des affaires étrangères et de la défense

Crise économique, politique et humanitaire

Des soupçons de fraude pèsent sur l’organisation du scrutin présidentiel de mai 2018, provoquant une contestation de l’opposition et d’un grand nombre de citoyens. Depuis lors, le pays s’enfonce dans une crise profonde menant le pays au bord de la guerre civile.

La répression menée par le régime de Maduro, à renfort de milices paramilitaires, se fait de plus en plus forte envers les opposants et les médias.

Inflation, pénurie de vivres et de médicaments… Le Venezuela est en prise à une crise économique et humanitaire. Il n’est plus que l’ombre du pays le plus riche d’Amérique latine qu’il fut autrefois. Ses réserves de pétrole sont pourtant parmi les plus importantes du monde.

Désunion européenne

L’UE n’est pas parvenue lundi à adopter une déclaration commune sur le Venezuela. Deux pays, l’Italie et l’Irlande s’y opposant fermement. En Italie, la Ligue (extrême droite) est prête à reconnaître Juan Guaidó, mais le M5S (populiste) s’y oppose. En Europe, la reconnaissance d’un État ou d’un gouvernement reste une compétence que conservent jalousement les États.

Jeudi dernier, lors d’un conseil européen des ministres des Affaires étrangères à Bucarest, plusieurs pays de l’UE ont mis en place un groupe de contact chargé d’accompagner le Venezuela vers des élections anticipées. Ce groupe, composé également de pays d’Amérique latine, se réunira jeudi en Uruguay. L’UE réfléchit aussi à adopter des sanctions supplémentaires contre le régime de Nicolas Maduro.

"5.000 soldats en Colombie"

Les Etats-Unis soutiennent Juan Guaidó depuis le jour où il s’est autoproclamé président par intérim, tout comme le Canada et plusieurs pays d’Amérique latine, réunis au sein du "groupe de Lima".

Washington a pris des sanctions contre la compagnie pétrolière nationale vénézuélienne. Dimanche, Donald Trump, encore plus engagé que l’Europe, a annoncé qu’il envisageait une intervention armée comme "une option". Lors d’un point presse de son conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, des journalistes ont pu lire "5.000 soldats en Colombie".

L’ONU a refusé d’en faire partie afin de "garder sa crédibilité" dans son offre de mission de bons offices. La Russie et la Chine soutiennent à bout de bras Nicolas Maduro. Les deux grandes puissances, qui ont investi des milliards de dollars dans le pétrole vénézuélien, s’insurgent contre "l’ingérence" des Européens et des Etats-Unis dans le processus électoral du pays. La Turquie, Cuba, la Bolivie et le Mexique se sont, eux aussi, rangés aux côtés de Maduro.

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