Incendies en Amazonie: Macron s'en mêle, Bolsonaro parle de "colonialisme"

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Les incendies qui ravagent la forêt amazonienne inquiète la communauté internationale. Le président français Emmanuel Macron, mais aussi le secrétaire général de l'ONU, l'ont fait savoir. Ce qui n'a pas plu au président brésilien Jair Bolsonaro.

Les incendies qui ravagent l'Amazonie, l'un des poumons verts de la planète, constituent une "crise internationale" et il conviendrait d'aborder le sujet lors du G7 qui se déroule ce week-end à Biarritz, estime Emmanuel Macron.

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Les déclarations du président français n'ont pas plu au président brésilien, Jair Bolsonaro. Le leader d'extrême droite a demandé aux puissances étrangères de ne pas s'ingérer dans la question. Car le président français n'est pas le seul à s'être publiquement inquiété de la situation. Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a également fait part de sa préoccupation.

Jair Bolsonaro a réagi avec colère à ce qu'il considère comme de l'ingérence étrangère. "Les pays qui envoient de l'argent ici ne le font pas par charité (...) Ils le font avec l'objectif d'interférer dans notre souveraineté", a-t-il déclaré dans une vidéo diffusée sur Facebook.

Jair Bolsonaro, président du Brésil. ©REUTERS

Dans deux tweets successifs, M. Bolsonaro a accusé M. Macron d'"instrumentaliser une question intérieure au Brésil et aux autres pays amazoniens" avec "un ton sensationnaliste qui ne contribue en rien à régler le problème""Le gouvernement brésilien reste ouvert au dialogue, sur la base de faits objectifs et du respect mutuel", a écrit le président d'extrême droite. "La suggestion du président français selon laquelle les affaires amazoniennes soient discutées au (sommet du) G7 sans la participation de la région évoque une mentalité colonialiste dépassée au 21e siècle".

Arrivé au pouvoir en janvier dernier, Bolsonaro s'est engagé à favoriser le développement de l'Amazonie en l'ouvrant davantage aux investissements agricoles et miniers. Il a aussi promis de réduire les amendes imposées aux exploitants qui contreviendraient aux règlementations environnementales.

Ce vendredi, Angela Merkel est venue en appui d'Emmanuel Macron, estimant que les incendies en Amazonie constituaient  "une situation d'urgence" qui doit être discutée au G7. 

Et ce n'était pas fini. Ce vendredi après-midi, la France accusait le président brésilien Jair Bolsonaro d'avoir "menti" à Emmanuel Macron sur ses engagements climatiques lors du sommet du G20 à Osaka et décidait"dans ces conditions" de s'opposer au projet de traité de libre-échange entre le Mercosur et l'Union européenne, selon l'Elysée. "Compte tenu de l'attitude du Brésil ces dernières semaines, le président de la République ne peut que constater que le président Bolsonaro lui a menti lors du Sommet d'Osaka", a dit cette source à la présidence française.

"La situation est hors de contrôle"

Ces incendies qui durent depuis plus de deux semaines ont atteint un nombre record cette année, dévastant une zone considérée comme essentielle dans la lutte contre le changement climatique. D'après l'Institut national de recherche spatiale (INPE), 75.336 feux de forêt ont été enregistrés au Brésil de janvier jusqu'au 21 août, soit 84% de plus que sur la même période de l'an dernier, et plus de 52% concernent l'Amazonie. Pour la militante écologiste et ancienne ministre de l'Environnemen de Lula, Marina Silva, la situation est "hors de contrôle".

Des manifestations sont prévues ce vendredi à Sao Paulo et Rio. Le mouvement de la jeune Suédoise Greta Thunberg, égérie de la lutte contre le réchauffement climatique, "Fridays for Future", a appellé à manifester devant les ambassades et consulats du Brésil à travers le monde. 

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