L'Argentine restreint l'accès des banques au peso

Alberto Fernandez fait la course en tête pour les élections d'octobre. Les marchés n'apprécient pas trop... ©AFP

La banque centrale tente de freiner la chute du peso et des emprunts d'Etat après une nouvelle baisse de la note de l'Argentine par les agences de rating. Le risque de défaut de paiement se renforce.

Les obligations d'Etat et le peso argentins ont de nouveau baissé ce vendredi après la dégradation de la note souveraine du pays par les trois principales agences de notation internationales et l'annonce par la banque centrale de mesures restreignant la libre circulation des capitaux. "Les institutions financières doivent obtenir une autorisation préalable de la banque centrale pour distribuer leurs résultats", a annoncé la banque centrale.

-26%
Dégringolade
Le peso argentin a cédé 26% sur le seul mois d'août face au dollar.

Dans un communiqué publié par la suite, la banque centrale a expliqué que cette mesure visait à assurer le maintien de la liquidité du système financier afin que les déposants puissent retirer de l'argent quand ils le souhaitent. "En temps de montée de l'incertitude, nous cherchons à augmenter la liquidité du système afin d'éviter tout manque d'argent", a-t-elle dit.

Le peso argentin a perdu près de 3% ce vendredi face au dollar et affiche sur l'ensemble du mois d'août une chute de 26,3%, sa pire performance mensuelle, portant à environ 36% sa baisse depuis le début de l'année. A la Bourse de Buenos Aires, l'indice Merval a certes repris 2,6% sur la journée grâce aux valeurs exportatrices, qui bénéficient de la faiblesse de la monnaie, mais il a perdu près de 40% en un mois. Quant à l'obligation"séculaire" argentine, d'échéance 2117, elle a touché un plus bas historique à 39% seulement de sa valeur d'émission.

Le spectre du dirigisme

Les turbulences sur les marchés argentins ont débuté le 11 août avec les primaires en vue de l'élection présidentielle d'octobre, qui se sont soldées par une cinglante défaite du président sortant, Mauricio Macri, largement devancé par le candidat d'opposition Alberto Fernandez, ce qui fait craindre aux investisseurs le retour d'une politique économique dirigiste. Le scrutin présidentiel est prévu pour fin octobre.

La chute du peso a obligé la banque centrale à multiplier les interventions sur le marché des changes ces dernières semaines en puisant dans ses réserves de devises, et mercredi, le gouvernement a annoncé son intention de "reprofiler" quelque 100 milliards de dollars (91 milliards d'euros) de dette publique, ce qui revient à imposer aux créanciers du pays un report des échéances qui leur sont dues. Dans la foulée, l'agence Standard & Poor's a dégradé la note souveraine à long terme argentine de trois échelons, l'enfonçant un peu plus en catégorie spéculative ("junk") à CCC-, ce qui a déclenché des ventes par de grands fonds de pension. Fitch a ramené vendredi sa propre note à "RD" pour"restricted default" (défaut partiel) tandis que Moody's abaissait la sienne à Caa2 en précisant qu'elle n'excluait pas de la dégrader de nouveau.

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