La crise s'aggrave au Brésil

(© Marcelo Sayao) ©EPA

Le mouvement de grogne ne faiblit pas au Brésil. Jeudi soir, ils étaient un million de Brésiliens à être descendus dans les rues des grandes villes, dont 300.000 à Rio de Janeiro. Alors que les manifestations ont dégénéré à nouveau en affrontements entre policiers et protestataires, la présidente Rousseff a convoqué une réunion de crise ce vendredi matin.

Un million de personnes sont descendues dans les rues des grandes villes brésiliennes jeudi soir. Les manifestations ont dégénéré dans de nombreux cas, faisant des dizaines de blessés. A Ribeiro Preto, dans l'Etat de Sao Paulo (sud-est), un manifestant de 18 ans est même mort renversé par une voiture. La présidente, Dilma Rousseff, a convoqué une réunion de crise avec ses ministres les plus proches, vendredi matin.

Le coeur du pouvoir visé

A Brasilia (centre), des manifestants ont attaqué le ministère des Affaires étrangères d'où ils ont été refoulés de justesse par la police. Manifestants et policiers se sont affrontés dans plusieurs villes. Les forces de l'ordre ont eu recours à des gaz lacrymogènes en divers endroits pour disperser des manifestants s'en prenant à des bâtiments officiels. 

A Sao Paulo comme à Rio, les protestataires s'en sont pris, parfois violemment, à des militants de gauche syndicaux ou du Parti des travailleurs (PT) au pouvoir, qui se sont fait arracher et brûler leurs drapeaux.

Réunion de crise

La réunion de crise convoquée par Dilma Rousseff, mais non confirmée de source officielle, devrait avoir lieu à 09h30 à Brasilia (14h30 en Belgique), selon les sites de plusieurs journaux. Le ministre de la Justice, Eduardo Cardoso, qui participera à la réunion, a déclaré jeudi que les autorités de Brasilia avaient été "effrayées" et "choquées" par l'attaque du ministère des Affaires étrangères.

Rousseff pourrait s'adresser à la population dans la journée. Quoiqu'il en soit, elle a décidé d'annuler une visite d'Etat prévue au Japon du 26 au 28 juin, "en raison des événements actuels".

Les revendications

Le mouvement de fronde sociale qui fait boule de neige depuis une dizaine de jours est animé par des jeunes, majoritairement issus de la classe moyenne qui rejettent farouchement toute étiquette politique ou syndicale. Ils revendiquent des services publics dignes et la fin de la corruption de la classe politique. Ils critiquent également les sommes colossales - 11 milliards d'euros - dépensées pour l'organisation du Mondial de football dans un an.

Ils ont obtenu gain de cause cette semaine sur la revendication initiale qui avait servi de détonateur à cette fronde sans précédent, en obtenant des grandes villes du pays qu'elles annulent une récente augmentation de 7% du prix des transports en commun. Mais rien ne semble augurer d'un essoufflement de ce mouvement qui se mobilise sur les réseaux sociaux, sans leaders forts avec qui négocier, ni de revendication très concrète.

 

 

 

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