Le président brésilien demande la suspension de l'enquête ... le visant

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Michel Temer a annoncé samedi qu'il demanderait à la Cour Suprême de suspendre l'enquête pour corruption et entrave le justice qui le vise, remettant en question l'authenticité des preuves, tandis que les appels à sa démission fusent de toute part au Brésil.

Cette semaine, la Cour suprême du Brésil a lâché une bombe en dévoilant un témoignage accusant le président Michel Temer et deux anciens présidents, Luiz Inacio Lula da Silva et Dilma Rousseff, d'avoir reçu l'équivalent de plusieurs millions d'euros de pots-de-vin. Ce témoignage livré par des cadres du groupe alimentaire JBS SA, numéro un mondial du conditionnement de viande, a été obtenu en échange d'une réduction de peine dans le cadre de l'opération anti-corruption "Lava Jato" ("Lavage express") qui secoue le pays depuis de longs mois.

Ces dernières révélations posent la question du maintien au pouvoir du président Temer, qui a lui-même succédé à Dilma Rousseff, destituée l'an dernier pour manipulation des comptes publics. La Cour suprême a ouvert jeudi une enquête visant Michel Temer pour corruption et obstruction à la justice. Les appels à sa démission se multiplient, y compris dans les colonnes du quotidien O Globo, pourtant critiqué par l'opposition de gauche pour ses positions en faveur des conservateurs.

"C'est de loin le pire moment au Brésil depuis le retour de la démocratie (dans les années 1980). Ce témoignage affecte tout le monde, tous les grands acteurs politiques et, encore plus grave, un président en exercice."
Claudio Couto
Politologue à la Fondation Getulio Vargas

Michel Temer nie toute malversation et exclut de démissionner. Samedi, dans son second discours à la nation après l'ouverture de l'enquête, il a affirmé que "le Brésil ne sera pas dévié de sa route". Le président a demandé en outre à la Cour suprême de vérifier l'intégrité d'un enregistrement le mettant en cause, à savoir s'il n'a pas été édité après coup.

Dans cet enregistrement audio diffusé jeudi par la Cour suprême et effectué en secret par le patron de JSB, Joesley Batista, lors d'un entretien en mars, le président Temer semble tolérer le versement d'argent à l'ancien président de la Chambre des députés Eduardo Cunha, pour qu'il accepte de se taire.

Pour rappel, ce dernier a a été l'un des initiateurs de la procédure de destitution de Dilma Rousseff. Il a été par la suite reconnu coupable de corruption et condamné en mars dernier à 15 ans de prison. De nombreux dirigeants politiques craignent que s'il devait devenir témoin, son témoignage ne mette en cause des dizaines de parlementaires et de membres de l'exécutif.

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