Le président du Parlement vénézuélien s'autoproclame "président" par intérim

Juan Guaido,le président du Parlement, s'est autoproclamé "président" par intérim. ©EPA

Le président du Parlement vénézuélien, Juan Guaido, principal opposant à Nicolas Maduro, s'est proclamé chef de l'Etat par intérim. Il a été immédiatement reconnu par Donald Trump. Plusieurs centaines de milliers de personnes manifestaient à Caracas.

Juan Guaido, à la tête du Parlement vénézuélien contrôlé par l'opposition, s'est autoproclamé ce mercredi "président" par intérim du pays, et a immédiatement été reconnu par les États-Unis et ses alliés dans la région.

Je jure d'assumer formellement les compétences de l'exécutif national comme président en exercice du Venezuela pour parvenir (...) à un gouvernement de transition et obtenir des élections libres.
Juan Guaido
président autoproclamé

10 janvier
2e mandat
Le président vénézuélien Maduro a été investi le 10 janvier pour un deuxième mandat, contesté par l'opposition et non reconnu par les États-Unis, l'Union européenne et de nombreux pays d'Amérique latine.

L'armée vénézuélienne, soutien indéfectible du président socialiste Nicolas Maduro, a rejeté l'autoproclamation de Juan Guaido. "L'armée défend notre Constitution et est garante de la souveraineté nationale", a affirmé le ministre de la Défense, Vladimir Padrino.

→ Qu'en pense la communauté internationale?

A savoir

Peu avant la proclamation de Guaido, la Cour suprême vénézuélienne, plus haute juridiction du pays, composée de fidèles au régime, avait annoncé avoir ordonné une enquête pénale contre les membres du Parlement, en les accusant d'usurper les prérogatives du président Maduro.

Donald Trump a immédiatement reconnu officiellement le jeune opposant de 35 ans comme "président par intérim du Venezuela". La Colombie et le Brésil, alliés de Washington dans la région, ont emboîté le pas à la Maison Blanche, ainsi que l'Argentine, le Chili ou encore le Paraguay. Le secrétaire général de l'Organisation des États américains (OEA), Luis Almagro, qui a assuré à Juan Guaido "sa reconnaissance pour impulser le retour de la démocratie dans ce pays".

Le président Maduro a annoncé que son pays rompait ses relations diplomatiques avec "le gouvernement impérialiste des États-Unis", donnant 72 heures aux représentants diplomatiques nord-américains pour quitter le pays. ©REUTERS

En réponse, le président Maduro a annoncé que son pays rompait ses relations diplomatiques avec "le gouvernement impérialiste des États-Unis", donnant 72 heures à leurs diplomates pour quitter le pays. Cuba a fait part de son "ferme soutien" au président Maduro face à une "tentative de coup d'État". Et le Mexique du président de gauche Andrés Manuel Lopez Obrador a indiqué maintenir son soutien au dirigeant socialiste, reconnaissant "les autorités élues selon la Constitution vénézuélienne". La Bolivie du socialiste Evo Morales a également manifesté "sa solidarité".

À Bruxelles, l'Union européenne a appelé mercredi soir à écouter la "voix" du peuple du Venezuela, réclamant des élections "libres et crédibles".

La tension est très forte

Opposants et partisans du président Maduro sont descendus en masse dans les rues mercredi dans tout le pays, dans un climat de haute tension. Treize personnes sont mortes depuis mardi dans des troubles précédant les manifestations, selon une ONG de défense des droits humains.

©EPA

  • Une vague de joie et d'espérance s'est répandue parmi les dizaines de milliers d'opposants, dont nombreux s'étaient vêtus de blanc, après que Juan Guaido se fut autoproclamé chef d'État, selon des journalistes de l'AFP.
  • De leur côté, les partisans du gouvernement, habillés de rouge pour la plupart, se sont retrouvés dans d'autres points de la capitale pour apporter leur soutien à Maduro et rejeter les revendications de l'opposition, qu'ils considèrent comme une tentative de coup d'État orchestrée par Washington.

Le président Maduro a annoncé que son pays rompait ses relations diplomatiques avec "le gouvernement impérialiste des États-Unis", donnant 72 heures aux représentants diplomatiques nord-américains pour quitter le pays. ©REUTERS

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