Les mafias accusées de détruire l'Amazonie

©© Vincent M

Human Rights Watch dénonce l’impunité dont bénéficient les réseaux mafieux ainsi que l’allégement des contrôles environnementaux.

Le gouvernement brésilien "échoue" à protéger les défenseurs de l’environnement victimes de violences de la part de réseaux mafieux qui détruisent l’Amazonie, accuse l’ONG Human Rights Watch (HRW) dans un rapport publié mardi.

"Les réseaux criminels emploient des hommes armés pour intimider."
human rights watch

L’impunité et l’allégement des contrôles environnementaux contribuent également à la destruction de la plus grande forêt tropicale du monde, ajoute l’ONG dans ce rapport publié à Sao Paulo, au sud-est du Brésil, et intitulé "Les mafias de la forêt tropicale".

La déforestation de l’Amazonie brésilienne a quasiment doublé entre janvier et août, à 6.404 km² contre 3.337 km² lors de la même période de 2018. C’est l’équivalent de 640.000 terrains de football.

Protéger les indigènes

L’organisation de défense des droits de l’Homme demande au président d’extrême droite Jair Bolsonaro d’arrêter "ses attaques verbales et accusations sans fondement" contre les ONG et de "rétablir la coopération" entre le gouvernement et la société civile pour protéger les indigènes, les défenseurs de l’environnement et la forêt.

"Les réseaux criminels emploient des hommes armés pour intimider."
human rights watch

"Les réseaux criminels ont la capacité logistique de coordonner la coupe, le débitage et la vente de bois à une large échelle et emploient des hommes armés pour intimider, et dans certains cas exécuter, ceux qui essaient de défendre la forêt", poursuit HRW.

Le Brésil est le 4e pays au monde à connaître le plus d’assassinats de défenseurs de l’environnement, selon les statistiques publiées en juillet par l’ONG Global Witness qui a comptabilisé 20 morts en 2018.

HRW s’alarme aussi du fait que le président Jair Bolsonaro a menacé de retirer son pays de l’Accord de Paris sur le climat, qu’il a réduit le budget du ministère de l’Environnement et qu’il a nommé à la tête de la diplomatie brésilienne Ernesto Araujo, un ministre qui estime que le changement climatique est "une manœuvre mondialiste".

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