Luis Arce, dauphin d'Evo Morales, nouveau président de Bolivie

Luis Arce (au centre) permet au MAS d'Evo Morales de reprendre le pouvoir en Bolivie. ©AFP

Luis Arce, le candidat de la gauche et dauphin de l'ancien chef de l'État Evo Morales, a remporté, dimanche, la présidentielle en Bolivie dès le premier tour.

Luis Arce, ancien ministre de l'Économie, 57 ans, s'impose avec plus de 52% des voix, selon plusieurs sondages de sortie des urnes, soit plus de 20 points devant son principal rival, le centriste Carlos Mesa.

Quelque 7,3 millions de Boliviens étaient appelés à élire leur président, leur vice-président, et à renouveler le Parlement bicaméral, dans le contexte inédit de la pandémie de coronavirus.

Cette victoire assure le retour au pouvoir du Mouvement vers le socialisme (MAS) après la démission, en novembre 2019, d'Evo Morales. Pour la première fois depuis 20 ans, Evo Morales (2006-2019), emblématique dirigeant de la gauche sud-américaine, n'était pas candidat à la présidence. Le 10 novembre 2019, il avait démissionné en pleine crise politique, accusé de fraude par l'opposition, alors qu'il briguait un quatrième mandat.

"Nous allons travailler pour tous les Boliviens, nous allons mettre en place un gouvernement d'union nationale".
Luis Arce
Nouveau président bolivien (MAS)

"La Bolivie a renoué avec la démocratie"

La Bolivie "a renoué avec la démocratie", s'est réjouit le vainqueur lors d'une conférence de presse en compagnie de son vice-président David Choquehuanca.

Selon un sondage diffusé par la chaîne privée Unitel, Luis Arce obtient 52,4% des voix, contre 31,5% pour l'ex-président Carlos Mesa (2003-2005), 67 ans. Un autre sondage, rendu public par la Fondation catholique Jubileo, crédite le candidat de gauche de 53% des suffrages, contre 30,8% pour son rival.

Depuis l'Argentine où il est réfugié, Evo Morales a revendiqué la victoire de son parti: "Le MAS a gagné largement les élections, y compris au Sénat et à la chambre des députés. Arce est le président de Bolivie", a-t-il déclaré devant la presse à Buenos Aires où il réside.

Craintes de violences

Depuis la fin des opérations de vote, qui se sont déroulées dans le calme, les appels à la "patience" des Boliviens se sont multipliés face à l'extrême lenteur de la divulgation des résultats officiels. "Pour une élection tant délicate pour le futur du pays, nous devons privilégier la certitude concernant les résultats électoraux", a déclaré le président du Tribunal suprême électoral (TSE).

De nombreux Boliviens craignaient une répétition des violences post-électorales qui avaient fait 36 morts l'an dernier. Ils se sont rués ces derniers jours dans les commerces pour s'approvisionner.

En 2019, le dépouillement avait été suspendu pendant plus de 20 heures. À sa reprise, Evo Morales avait été déclaré vainqueur dès le premier tour. L'opposition avait dénoncé des fraudes et des heurts avaient eu lieu entre partisans et détracteurs du MAS. Lâché par la police et l'armée, Evo Morales avait finalement démissionné, avant de fuir au Mexique puis en Argentine.

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