Nouveaux heurts au Venezuela après la mise à l'écart de Capriles

©REUTERS

Gaz lacrymogènes, canons à eau et balles en caoutchouc contre des milliers de Vénézuéliens qui ont défilé pour dénoncer la mise à l'écart de la vie politique du chef de file de l'opposition Henrique Capriles.

Des heurts avec les forces de l'ordre ont à nouveau éclaté samedi à Caracas lors d'une manifestation qui a rassemblé des milliers d'opposants au président vénézuélien Nicolas Maduro, la quatrième en une semaine dans ce pays en pleine crise politique et économique.

Dans le quartier de La Campiña, les quelque 4.000 manifestants ont été empêchés d'avancer par les policiers et la garde nationale (militaires) qui ont utilisé des gaz lacrymogènes, des canons à eau et des balles en caoutchouc pour les contenir, selon les journalistes de l'AFP sur place.

Certains d'entre eux, visage couvert, ont répliqué en lançant des pierres. Aucun blessé n'a été recensé officiellement mais des journalistes de l'AFP ont constaté que deux policiers avaient été atteints par des cocktails Molotov.

Les affrontements ont éclaté quand les manifestants ont tenté de se rendre dans le centre de la capitale, où se trouvent les institutions contrôlées par le chavisme (du nom de l'ancien président Hugo Chavez, 1999-2013), qui a la mainmise sur l'ensemble des pouvoirs, hormis l'Assemblée où l'opposition est majoritaire.

Les heurts, qui ont fait 17 blessés selon le maire du district, ont duré près de trois heures avant que les opposants ne se dispersent.

Selon l'ONG Criminal Justice Forum, 51 personnes ont été interpellées, dont 17 ont été relâchées un peu plus tard. Le chef des services de renseignement a quant à lui annoncé l'arrestation de dirigeants "d'une cellule fasciste terroriste" pour avoir organisé cette manifestation.

Dans le centre de la capitale, les partisans de Nicolas Maduro défilaient eux aussi, dans le cadre d'un événement baptisé "grande fête culturelle, sportive et récréative".

Du côté de l'opposition, c'est la colère qui dominait, au lendemain de la sanction infligée à l'un de ses leaders, Henrique Capriles, principal rival de Nicolas Maduro qui l'avait battu de peu lors de la présidentielle de 2013.

L'organisme public chargé de contrôler l'action des fonctionnaires lui a imposé "une sanction d'inéligibilité pour des mandats publics pour une période de 15 ans", l'écartant de fait de l'élection de 2018, pour laquelle il était déjà candidat aux primaires de son parti.

Selon cet organisme, la sanction répond à des "irrégularités administratives" durant la gestion de M. Capriles en tant que gouverneur de l'Etat de Miranda (nord), poste qu'il occupe actuellement.

Cette mesure intervient dans un climat de forte tension au Venezuela et d'exaspération de la population, dans ce pays dont l'économie s'est effondrée avec la chute des cours du pétrole, son unique richesse.

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