Réélection très contestée du président bolivien

Evo Morales a décroché un quatrième mandat à la tête de la Bolivie. ©AFP

Evo Morales a décroché un quatrième mandat de président au terme d'un décompte des votes contesté par l'opposition bolivienne et la communauté internationale.

Evo Morales a remporté l'élection présidentielle de dimanche en Bolivie à l'issue du premier tour du scrutin. Le président sortant est crédité de 47,07% des voix, contre 36,51% pour le principal candidat de l'opposition, Carlos Mesa. L'écart est donc supérieur aux 10 points de pourcentage nécessaires pour s'imposer dès le premier tour.

Un décompte qui fait polémique

Pourtant, les premiers chiffres partiels publiés le soir du vote, dimanche, laissaient entrevoir un second tour. Le dépouillement a très vite fait polémique, l'opposition et des observateurs internationaux soupçonnant des fraudes. L'Union européenne avait ainsi appelé à "mettre un terme au processus de dépouillement en cours", estimant que "la meilleure option serait la tenue d'un second tour pour rétablir la confiance et s'assurer du respect du choix démocratique du peuple bolivien".

Les Etats-Unis, le Brésil, l'Argentine et la Colombie, de leur côté, ont demandé qu'un second tour ait lieu si l'Organisation des Etats américains (OEA) ne confirmait pas le résultat du premier tour. L'OEA, dont la mission d'observation avait fait part de sa "surprise" et son "inquiétude" face au revirement du décompte, a accepté de réaliser un audit des résultats. Aucune précision sur la date et les conditions de cette mission n'a encore été communiquée. 

Plusieurs pays ont également menacé de ne pas reconnaître Evo Morales.

Semaine de manifestations

De nombreux Boliviens dénoncent un régime "autocratique" et s'opposaient à ce que Morales brigue un quatrième mandat. ©Photo News

Depuis dimanche, des affrontements avec la police ou entre pro et anti-gouvernement ont eu lieu à La Paz et en divers points du pays, faisant plusieurs blessés. Une grève nationale a été lancée depuis Santa Cruz, bastion de l'opposition et zone la plus riche du pays.

De nombreux Boliviens dénoncent une "autocratie"; ils n'ont pas digéré la décision de Morales de briguer un quatrième mandat, alors que les électeurs s'y étaient opposés lors d'un référendum en 2016.

 

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