Une "farce juridique et politique" au Brésil

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Une majorité de sénateurs brésiliens ont décidé d'écarter la présidente Dilma Rousseff alors que son procès pour maquillage de comptes publics va commencer.

Le vote a eu lieu et une majorité de sénateurs du Brésil ont voté pour l'ouverture du procès en destitution de la présidente Dilma Rousseff, 55 voix contre 22. La Chambre des députés avait déjà avalisé la procédure de destitution le 17 avril par une écrasante majorité.

"Aux Brésiliens qui s'opposent au coup d'Etat, qu'ils soient de n'importe quel parti, je lance un appel: maintenez-vous mobilisés, unis et dans la paix. La lutte pour la démocratie n'a pas de date finale. Je n'aurait jamais imaginé devoir lutter une nouvelle fois contre un coup d'Etat".
Dilma Rousseff

 La présidente, accusée de maquillage des comptes publics, est donc sa mise à l'écart du pouvoir pendant un maximum de 180 jours. Elle sera remplacée par le vice-président Michel Temer, en attendant le jugement final de Dilma Rousseff par le Sénat. L'ex-guérillera de 68 ans, emprisonnée et torturée sous la dictature, a rapidement appelé les Brésiliens à "se mobiliser" contre le "coup d'Etat" dont elle se dit victime.

Remaniement express

Michel Temer, une fois devenu président en exercice a dans la foulée confirmé une liste de 21 ministres, tous des hommes, mais qui pourrait encore s'allonger. 

L'ex-président de la Banque centrale brésilienne, réputé proche des marchés, Henrique Meirelles a été nommé jeudi ministre de l'Economie du Brésil et l'ancien gouverneur José Serra ministre des Affaires étrangères.

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Henrique Meirelles, qui remplace Nelson Barbosa, avait été le président de la Banque centrale pendant toute la période de la présidence de Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010). La nomination de cet ingénieur et gestionnaire de 70 ans, adepte des politiques monétaires orthodoxes, est perçue comme un geste envers les marchés, alors que le Brésil travers une crise économique aiguë avec une récession depuis deux ans.

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José Serra (74 ans), ex-gouverneur de l'Etat de Sao Paulo nommé à la tête de la diplomatie brésilienne, avait été le ministre de la Santé ayant oeuvré à la lutte contre le sida et pour la popularisation des médicaments génériques. Une belle revange pour celui qui a été battu deux fois au deuxième tour de l'élection présidentielle, en 2002 par Lula puis en 2010 par Mme Rousseff. Ce jeudi, Serra remplace Mauro Vieira.

Temer prépare aussi un paquet de mesures libérales qui pourraient en outre jeter les syndicats dans la rue : ajustement budgétaire sévère, réforme du système déficitaire des retraites et de la législation du travail.


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