20 millions de personnes placées en quarantaine en Chine

Les 20 millions d'habitants des villes voisines de Wuhan et Huanggang, au centre de la Chine, ont été mis en quarantaine pour éviter la propagation du nouveau coronavirus. ©AFP

Le nouveau coronavirus apparu en Chine a fait à ce jour 18 morts. L'OMS estime qu'il est trop tôt pour déclarer une urgence internationale de santé publique, mais les autorités chinoises ont décidé de prendre leurs précautions, notamment en confinant les habitants de deux villes voisines.

La Chine prend les grands moyens contre le nouveau coronavirus qui a commencé à se répandre dans le reste du monde, mettant de facto en quarantaine, à compter de ce jeudi, près de 20 millions d'habitants. 

Depuis 10h locales (3h du matin, heure belge), plus aucun train ni avion ne doit en principe quitter la métropole de Wuhan. La cité de 11 millions d'habitants, située en plein centre de la Chine, est au cœur de l'épidémie qui a contaminé plus de 630 personnes et fait 18 morts depuis décembre, selon un dernier bilan communiqué ce jeudi soir. Les autorités chinoises ont par ailleurs annoncé le premier décès dû au coronavirus en dehors de Wuhan.

A 70 km à l'est, la ville voisine de Huanggang est elle aussi confinée. Ses 7,5 millions d'habitants ne sont plus autorisés à quitter la ville et la circulation des trains devrait être interrompue jusqu'à nouvel ordre, comme dans d'autres grandes villes chinoises, qui ont décidé de fermer leurs gares.

La ville de Pékin a quant à elle annoncé la fermeture imminente de la Cité interdite, l'un de ses plus célèbres monuments historiques, et l'annulation des festivités du Nouvel An chinois, qui étaient prévues à partir de ce vendredi. 

"Trop tôt" pour déclarer une urgence internationale

À Genève, le directeur de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) Tedros Adhanom Ghebreyesus a salué les mesures "très, très fortes" prises par la Chine, estimant qu'elles allaient "diminuer" les risques de propagation hors de ses frontières. L'OMS, qui a réuni son comité d'urgence ce jeudi, a néanmoins déclaré qu'il était "trop tôt" pour déclarer une "urgence de santé publique de portée internationale". 

"Ne vous y trompez pas, c'est une urgence en Chine. Mais ce n'est pas encore une urgence sanitaire mondiale. Cela pourrait le devenir", a signalé Tedros Adhanom Ghebreyesus lors d'une conférence de presse. L'OMS a par ailleurs demandé à Pékin que le confinement de millions d'habitants soit de "courte durée".

L'OMS n'a jusqu'ici utilisé le terme d'urgence internationale que pour de rares cas d'épidémies, dont la grippe porcine H1N1, le virus Zika et la fièvre Ebola.

L'OMS n'a jusqu'ici utilisé le terme d'urgence internationale que pour de rares cas d'épidémies requérant une réaction mondiale vigoureuse, dont la grippe porcine H1N1 en 2009, le virus Zika en 2016 et la fièvre Ebola, qui a ravagé une partie de l'Afrique de l'Ouest de 2014 à 2016 et la RDC depuis 2018.

Le virus se propage à l'international 

Le virus de la famille du Sras, apparu le mois dernier à Wuhan, a gagné plusieurs pays d'Asie (Japon, Corée du Sud, Thaïlande, Taïwan) et même les États-Unis, où un premier cas a été recensé. À ce jour, il a provoqué la mort de 18 personnes en Chine. Le nombre total des personnes contaminées s'élève désormais à 634 dans ce pays, en majeure partie à Wuhan, et à 650 au total dans le monde. Hong Kong a signalé mercredi son premier cas suspect, un homme de 39 ans arrivé en train de Wuhan. Mais le résultat définitif des tests médicaux ne sera connu que ce jeudi.

Peu après l'annonce d'un premier cas de coronavirus à Singapour, toujours ce jeudi, le Vietnam a confirmé que deux citoyens chinois ont été déclarés positifs au virus. Le ministre saoudien de la Santé a, quant à lui, démenti les propos du ministre des Affaires extérieures indien, qui avait indiqué sur Twitter qu'une infirmière indienne avait été contaminée dans un hôpital du sud de l'Arabie saoudite. 

Contrôles dans les aéroports

Les contrôles de température se sont généralisés cette semaine dans plusieurs aéroports d'Asie et du pourtour du Pacifique pour repérer et isoler les passagers infectés par le virus. Il faut savoir que des centaines de millions de Chinois voyagent à travers leur pays et à l'étranger pour se retrouver en famille à l'occasion des congés du Nouvel An lunaire, qui commencent vendredi. Des contrôles ont également été mis en oeuvre dans cinq aéroports des États-Unis, ainsi qu'au Royaume-Uni, au Nigeria et en Italie. 

D'après la commission nationale de la santé chinoise, Li Bin, le virus, qui se transmet par les voies respiratoires, "pourrait muter et se propager plus facilement". L'OMS a confirmé l'existence d'une transmission entre humains, soulignant que ce n'était pas "inhabituel".

Pour lutter contre l'épidémie, la ville de Wuhan veut construire - en un temps record de six jours - un hôpital consacré entièrement aux patients atteints du coronavirus. La Coalition for Epidemic Preparedness Innovations (CEPI) a, quant à elle, annoncé que trois équipes de recherche vont commencer à développer des vaccins potentiels contre le coronavirus. Les chercheurs espèrent entreprendre des essais cliniques d'ici le mois de juin. 

L’impact sur les marchés | Les bourses asiatiques en net recul

L’annonce de nouveaux décès liés au virus chinois et de sa propagation au-delà des frontières de l’Empire du Milieu a plombé le moral des investisseurs, qui s’inquiètent de plus en plus des possibles conséquences sur l’économie mondiale.

"La région du Wuhan est très industrielle", donc le virus, s’il venait à se propager à grande échelle, "est susceptible d’avoir un impact sur la croissance chinoise, et a déjà des conséquences sur un certain nombre de titres liés au luxe et au transport aérien", souligne auprès de l’AFP Daniel Larrouturou, gérant actions chez Dôm Finance.

Les bourses asiatiques ont connu une nouvelle séance difficile ce jeudi: l’indice Hang Seng de Hong Kong a reculé de 1,52% et l’indice CSI 300, qui regroupe les plus grosses capitalisations boursières de Shanghai et Shenzhen, a perdu 3,10%.

Ce dernier a d’ailleurs effacé tous ses gains depuis le début de l’année. En Europe, les grands indices actions ont également piqué du nez, mais dans une moindre mesure. L’indice paneuropéen Stoxx 600 a lâché 0,71%. J. G.

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