A Fukushima, les défis restent de taille

(© Tomohiro Ohsumi)

Six mois après le tsunami, la situation s'est stabilisée à la centrale de Fukushima. On ne redoute par exemple plus de risques d'explosion. Les autorités japonaises sont cependant loin d'en voir la fin. Une partie du combustible est encore en fusion, les eaux d'arrosage des réacteurs doivent être décontaminées et il faudra encore faire face à d'énormes besoins médicaux.

Six mois après la terrible série d'avaries provoquées par le tsunami du 11 mars à la centrale de Fukushima, au Japon, la situation s'est grandement améliorée, l'angoisse a reflué mais la crise est encore loin d'être réglée malgré l'acharnement de milliers de travailleurs.

Trois des six réacteurs du site ainsi que les piscines de désactivation avaient été victimes d'anomalies dues à la mise hors service de leurs systèmes de refroidissement. Confrontée à des explosions d'hydrogène dans les bâtiments des réacteurs 1, 3 et 4 et à une escalade infernale d'incidents, la compagnie d'électricité Tokyo Electric Power (Tepco) était prête à abandonner les lieux, aux dires récents du Premier ministre d'alors, Naoto Kan, ce qui aurait pu entraîner un cataclysme atomique.

Fort heureusement, les équipes techniques, aidées de pompiers et soldats, sont parvenues tant bien que mal à circonscrire un à un chaque problème, au fil des heures, jours, semaines et mois.

Après avoir arrosé sans fin les réacteurs avec des canons à eau et autres moyens d'urgence, les installations ont été réalimentées en électricité et des dispositifs autonomes ont été mis en place.

Décontamination

Une usine spéciale de décontamination fonctionne depuis mi-juin, pour extraire les éléments radioactifs des quelque 110.000 tonnes d'eau d'arrosage mêlée de graisses et autres impuretés accumulées dans les bâtiments. Ce système, monté d'urgence, a déjà traité 80.000 tonnes et permet désormais de refroidir les combustibles en circuit fermé. Reste à stocker les éléments radioactifs filtrés.

Parallèlement, les actions se concentrent sur les réacteurs 1 à 3, où l'on n'a pas su empêcher la fusion du combustible et sa chute au fond de la cuve, mais qui sont tous régulièrement refroidis et dont deux affichent depuis quelques jours une température inférieure à 100 degrés Celsius, un élément crucial vers la stabilisation du site.

Plus de risque d'explosion

On ne redoute plus vraiment d'explosion, grâce notamment à des injections d'azote pour éviter l'accumulation d'hydrogène sous pression. Les interventions humaines à l'intérieur des bâtiments demeurent cependant toujours difficiles. Outre la présence d'eau, les niveaux de radiations sont par endroits tellement élevés qu'ils dépassent les capacités des instruments de mesure.

Le bâchage des bâtiments 1, 3 et 4, "sévèrement endommagés" mais dont la capacité antisismique a été confirmée, et la construction d'un mur en mer dans les semaines à venir sont censés bloquer une partie des effluents.

"Nous faisons tout notre possible pour que la population soit en sûreté et que les personnes évacuées à cause de l'accident recouvrent une vie normale", assurent les autorités, dont l'objectif est d'"abaisser durablement la température des réacteurs comme des piscines de désactivation et de contrôler les émissions de matières radioactives" qui se poursuivent depuis six mois. Cet objectif doit être atteint d'ici à janvier 2012.

Encore beaucoup à faire

Un échéancier de travaux mensuellement mis à jour montre des progrès notables, mais les milliers de pages de documents produits par Tepco et les autorités annoncent une tâche encore titanesque.

"Davantage de soins médicaux sont nécessaires du fait de la prolongation des travaux sur site", souligne la compagnie qui reconnaît une augmentation du nombre de travailleurs ayant reçu des doses de plus de 100 millisieverts -- 103 étaient dans ce cas selon le bilan de vendredi, dont six ont reçu une dose dépassant la limite maximum de 250 millisieverts par an.

Les autorités savent qu'elles doivent former d'autres personnels pour éviter une exposition excessive des équipes même si les niveaux admissibles ont été relevés comme l'autorisent exceptionnellement les organismes internationaux.

Il faudra des décennies pour démanteler les installations et assainir la périphérie de la centrale.

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