À Hong Kong, les députés pro-démocratie démissionnent en protestation contre Pékin

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L'ensemble des députés pro-démocratie du Parlement de Hong Kong ont annoncé leur prochaine démission ce mercredi, en protestation contre une décision de Pékin s'appuyant sur la "sécurité nationale".

L'ensemble des députés pro-démocratie hongkongais ont annoncé mercredi leur prochaine démission après l'éviction de quatre d'entre-eux en vertu d'une mesure adoptée par Pékin qui permet aux autorités locales de disqualifier des élus considérés comme menaçant la sécurité nationale. Les législateurs évincés - Alvin Yeung, Dennis Kwok, Kwok Ka-ki et Kenneth Leung - étaient parmi les membres les plus modérés du corps législatif, et non connus pour être des partisans de l'indépendance. Il s'agit de l'une des actions les plus fortes de Pékin à ce jour pour réprimer la dissidence sur le territoire.

"Nous, (membres) du camp pro-démocratie, nous nous tiendrons aux côtés de nos collègues qui sont exclus. Nous démissionnerons en masse", a déclaré Wu Chi-wai, à la tête des quinze législateurs pro-démocratie demeurant au Parlement local, qui compte un total de 70 sièges. L'annonce a été faite lors d'un briefing commun, au cours duquel les législateurs se sont tenus la main et ont scandé des slogans de protestation, dont "Hong Kong ajoute de l'huile - ensemble, nous sommes debout", en référence à une expression anglaise locale utilisée comme encouragement et soutien à une personne.

Devoir de loyauté envers Pékin

"Cette décision montre clairement que la dictature s'est abattue sur Hong Kong et que le Parti communiste chinois peut éradiquer toutes les voix opposées au sein du corps législatif", a déclaré à l'agence Bloomberg Fernando Cheung, l'un des législateurs. "Il n'y a plus de séparation des pouvoirs, plus de 'un pays, deux systèmes', et donc plus de Hong Kong tel que nous le connaissons."

"Cette mesure est propice à la paix et à la stabilité à long terme, ainsi qu'à la prospérité et au développement de Hong Kong."
Li Zhanshu
Président du Comité permanent de l'Assemblée nationale populaire

Le principal organe législatif chinois avait auparavant adopté une mesure exigeant des législateurs de Hong Kong qu'ils fassent preuve de loyauté envers le gouvernement central, freinant ainsi le débat au sein d'une institution démocratique qui a perduré plus de deux décennies après le retour de l'ancienne colonie britannique. La décision du Comité permanent de l'Assemblée nationale populaire est "propice à la paix et à la stabilité à long terme, ainsi qu'à la prospérité et au développement de Hong Kong", a déclaré le président de ce Comité, Li Zhanshu.

Eliminer la dissidence

Les infractions à cette loyauté comprennent le soutien à l'indépendance de Hong Kong, le refus de reconnaître la souveraineté de la Chine sur la Cité-Etat, le fait de demander à des pays étrangers d'intervenir dans les affaires du territoire, le non-respect de la loi fondamentale du territoire ou le refus de prêter allégeance à Hong Kong et "tout autre acte qui met en danger la sécurité nationale", a déclaré la cheffe de l'exécutif de Hong Kong, Carrie Lam.

"Nous avons besoin d'un corps politique composé de patriotes", a-t-elle déclaré ce mercredi, faisant écho à des déclarations similaires émanant des principales agences chinoises chargées de surveiller Hong Kong. Elle a écarté les inquiétudes selon lesquelles Hong Kong aurait une législature "d'approbation" si les membres pro-démocratie démissionnaient, en disant qu'elle se réjouissait des "opinions diverses".

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