Alexeï Navalny arrêté à son arrivée à Moscou: un tribunal ordonne son incarcération jusqu'au 15 février

Alexeï Navalny a été interpellé par la police lorsqu'il était au poste de contrôle de l'aéroport de Moscou. ©AFP

Rentré dimanche en Russie, l'opposant Alexeï Navalny a été arrêté pour violation de ses conditions de sursis. Un tribunal aurait ordonné son incarcération jusqu'au 15 février.

Le principal opposant russe Alexeï Navalny a été interpellé par la police, dimanche, à son arrivée à l'aéroport Cheremetievo de Moscou, où il s'apprêtait à passer le contrôle des passeports. Les services pénitentiaires russes (FSIN) lui reprochent d'avoir violé les conditions d'une peine de prison avec sursis dont il a écopé en 2014.

Selon un communiqué du FSIN, Alexeï Navalny, arrivé en Russie après plusieurs mois de convalescence en Allemagne suite à un empoisonnement présumé, "restera en détention jusqu'à la décision du tribunal" sur son cas.

Ce lundi après-midi, un tribunal russe a ordonné l'incarcération de Navalny pour 30 jours, à compter de son arrestation controversée la veille. "Alexeï Navalny est placé en détention pour 30 jours, jusqu'au 15 février", a indiqué son avocat Vadim Kobzev sur Twitter.

Les réactions internationales s'enchainent

"Je suis certain que tout va bien se passer. On va m'arrêter? Ce n'est pas possible, je suis innocent."
Alexeï Navalny
Opposant russe

Le président du Conseil européen, Charles Michel, a qualifié d'"inacceptable" cette interpellation. "J'appelle les autorités russes à sa libération immédiate", a-t-il écrit dimanche soir sur Twitter.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a également appelé lundi à la libération de l'opposant. "Je condamne l'arrestation d'Alexeï Navalny hier par les autorités russes, à son retour en Russie. Les autorités russes doivent le libérer immédiatement et assurer sa sécurité", a affirmé la cheffe de l'exécutif européen dans un communiqué.

Ursula von der Leyen souligne que la détention d'opposants politiques va à l'encontre des engagements internationaux de la Russie. "Nous continuons aussi d'attendre une enquête approfondie et indépendante sur l'attaque portée contre la vie d'Alexei Navalny", ajoute-t-elle en référence à l'empoisonnement dont ce dernier a été victime.

Le gouvernement allemand a dénoncé lui comme "arbitraire" l'arrestation d'Alexeï Navalny et jugé que cette affaire allait "peser" sur les relations bilatérales. Cette arrestation à l'arrivée à Moscou de M. Navalny a été effectuée "en violation des principes de l'État de droit", a indiqué à la presse le porte-parole de la chancelière Angela Merkel, Steffen Seibert, en demandant sa remise en liberté.

La Lituanie a, elle, appelé l'Union européenne à "discuter de nouvelles sanctions" contre la Russie après cette arrestation.

Alexeï Navalny avait quitté Berlin, avec sa femme Ioulia, dans l'après-midi. En montant à bord de l'avion, il avait dit être "très heureux" de revenir et prétendu "n'avoir rien à craindre en Russie". "Je suis certain que tout va bien se passer. On va m'arrêter? Ce n'est pas possible, je suis innocent", a-t-il lancé, avant d'ajouter: "En Allemagne, c'était bien, mais rentrer à la maison c'est toujours mieux".

Des partisans arrêtés

Devant initialement atterrir à l'aéroport Vnoukovo de Moscou, l'avion avait été dérouté vers celui de Cheremetievo et s'est posé à 20h12 (17h12 GMT), près de trois heures après avoir quitté Berlin.

À l'aéroport Vnoukovo, la police a interpellé la plupart de ses alliés venus l'accueillir, dont Lioubov Sobol, figure montante de l'opposition russe déjà arrêtée il y a quelques semaines. La police antiémeute y était présente en force et délogeait progressivement de l'aéroport la plupart des quelque 200 partisans.

Un sympathisant d'Alexeï Navalny interpelé par la police à l'aéroport Vnoukovo de Moscou. ©EPA

Remis d'un coma

Dès que le pire ennemi du président Vladimir Poutine avait annoncé, mercredi dernier, son intention de rentrer, les services pénitentiaires russes (FSIN) l'ont mis en garde et assuré qu'ils seraient "obligés" de l'arrêter pour avoir violé les conditions d'une peine de prison avec sursis à laquelle il avait été condamné en 2014.

Alexeï Navalny accuse les services spéciaux russes (FSB) d'avoir tenté de l'assassiner sur l'ordre direct de Vladimir Poutine.

Le chef de file de l'opposition russe était subitement tombé dans le coma en août, alors qu'il revenait d'une tournée électorale en Sibérie. D'abord hospitalisé à Omsk, il avait finalement été évacué vers un hôpital berlinois sous la pression de ses proches.

Trois laboratoires européens ont conclu depuis qu'il avait été empoisonné par un agent innervant de type Novitchok, développé à l'époque soviétique à des fins militaires, conclusion confirmée par l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) malgré les dénégations de Moscou.

Alexeï Navalny accuse les services spéciaux russes (FSB) d'avoir tenté de l'assassiner sur l'ordre direct de Vladimir Poutine.

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