Arrestations ciblées à Hong Kong

"Notre secrétaire général @joshuawongcf vient d'être arrêté ce matin vers 07H30", a tweeté le parti Demosisto. "Il a été poussé de force dans un monospace banalisé, dans la rue, en plein jour. Nos avocats suivent désormais le dossier." ©AFP

Plusieurs leaders du mouvement pro-démocratie ont été arrêtés ce vendredi à Hong Kong. Alors que la situation se crispe de plus en plus, le gouvernement durcit le ton.

Trois des figures les plus populaires du mouvement pro-démocratie de Hong Kong ont été interpellées ce vendredi. Agnes Chow, membre de l’association Demosistō qui milite pour l’autodétermination de l’île et son secrétaire général Joshua Wong, 22 ans tous les deux, ont été par la suite libérés dans la journée. Andy Chan, président du Hong Kong National Party, un mouvement indépendantiste interdit, n’a pour sa part pas encore été libéré. La contestation commence à exaspérer Pékin, qui fêtera en grande pompe le 70e anniversaire de la Chine communiste le 1er octobre prochain.

Pékin impose la fermeté

Carrie Lam, la cheffe exécutive de Hong Kong, s’est vu refuser par la Chine toute concession. Elle avait en effet proposé d’accéder aux demandes des protestataires et d’annuler l’amendement de la loi d’extradition. Celui-ci permettrait à Pékin d’imposer l’extradition de dissidents chinois partis se réfugier dans la région administrative spéciale de Hong Kong. Or le gouvernement central aurait ordonné à Carrie Lam de revenir sur ses propositions et de ne plus céder de terrain face aux manifestants.

Sous pression également, la compagnie aérienne Cathay Pacific. Les employés craignent une chasse aux sorcières après qu’elle ait remercié quatre membres de son personnel, dont deux pilotes, présumés être des sympathisants du mouvement pro-démocratie. De peur d’être à leur tour licenciés par la direction, certains employés sont passés à l’autocensure sur les réseaux sociaux.

Devant la situation, la cheffe exécutive de Hong Kong a annoncé que toutes les options étaient sur la table pour en finir avec la contestation. En ce compris une loi datant du passé colonial de la ville, équivalente à une loi martiale. Une menace qui fait craindre une coupure d’internet, qui aurait des conséquences désastreuses sur le fonctionnement du hub financier asiatique. "Ce serait pire que de voir arriver l’armée chinoise", s’inquiète Francis Fung, président honoraire de la Hong Kong Information Technology Federation.

La relève de la garnison chinoise de Hong Kong a d’ailleurs été particulièrement remarquée, à quelques jours d’une marche pro-démocratie en grande partie annulée devant la recrudescence de la répression. Si les médias d’État chinois ont souligné le fait que cette relève de la garnison était une manœuvre de routine, le timing de celle-ci n’aurait pu être mieux choisi.

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