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Aung San Suu Kyi "en bonne santé" pour sa première apparition depuis le coup d'État

Aung San Suu Kyi  est assignée à résidence depuis le coup d'État de début février et n'a pas été vue en public depuis. Cette photo date de janvier 2020. ©AFP

La dirigeante birmane évincée du pouvoir, Aung San Suu Kyi, s'est présentée en personne au tribunal ce lundi pour répondre d'une accusation d'"incitation à la sédition".

C'est une première depuis le Coup d'État perpétré par la junte birmane début février. Assignée à résidence depuis que son gouvernement a été renversé, la dirigeante de la Birmanie Aung San Suu Kyi a comparu en personne devant un tribunal ce lundi.

La plus grave accusation à laquelle elle est confrontée est celle d'"incitation à la sédition". La femme d'État est également accusée d'avoir violé une loi sur les secrets d'État et d'avoir enfreint les mesures de confinement liées au coronavirus.

"La LND (Ligue nationale pour la démocratie) existera tant que le peuple existera, car elle a été fondée pour le peuple."
Aung San Suu Kyi
Dirigeante birmane

Selon son avocat Thae Maung Maung, Aung San Suu Kyi (75 ans) semblait en bonne santé et s'est entretenue avec son équipe juridique pendant environ 30 minutes avant l'audience.

Le chef militaire birman Min Aung Hlaing avait déjà assuré dans une interview samedi que la septuagénaire étant en bonne santé. Si la dirigeante birmane a répondu aux questions du tribunal par liaison vidéo ces dernières semaines, ses avocats n'avaient pas encore pu la rencontrer en personne. Une salle d'audience spéciale a été aménagée pour l'occasion dans la capitale Naypyidaw, non loin du domicile d'Aung San Suu Kyi.

Parti menacé de dissolution

Peu avant l'audience, elle a "souhaité que son peuple reste en bonne santé" et "a affirmé que la LND (Ligue nationale pour la démocratie, le parti d'Aung San Suu Kyi, NDLR) existera tant que le peuple existera, car elle a été fondée pour le peuple", selon son avocate, Min Min Soe.

815
personnes tuées
Selon l'Association d'assistance aux prisonniers politiques, au moins 815 personnes ont été tuées dans des affrontements avec les forces de l'ordre depuis le coup d'État.

La nouvelle commission électorale désignée par la junte a annoncé, vendredi, la prochaine dissolution du parti politique, qui a très largement remporté les élections législatives de novembre dernier, un scrutin annulé après le coup d'État militaire. Un commissaire a menacé, dans les médias, de prendre des mesures contre les "traîtres" impliqués. Cette proposition de dissolution a été dénoncée dimanche par l'Union européenne.

Lire aussi | Birmanie: tollé mondial au lendemain de la journée la plus sanglante depuis le coup d'État

Un poste de police attaqué

Des manifestations contre le coup d'État ont donné lieu, à travers tout le pays, à de violentes représailles de l'armée, qui ont fait des centaines de morts. Samedi, le chef de la junte a affirmé que les médias avaient largement exagéré le nombre de morts, l'évaluant à "environ 300", en plus de 47 policiers. Selon l'Association d'assistance aux prisonniers politiques, une ONG birmane, au moins 815 personnes ont été tuées jusqu'à présent, tandis que plus de 5.300 ont été placées en détention.

Cela ne décourage pas les opposants à la junte militaire. Dimanche, des combattants hostiles au coup d'État ont attaqué un poste de police à Mobye, une ville de l'est du pays, affirmant avoir tué au moins 13 membres des forces de sécurité et en avoir capturé quatre, rapportent les médias locaux.

Un membre de la Force de défense populaire, une organisation en lutte contre la junte, a déclaré au portail d'informations Irrawaddy que le poste avait été incendié et que deux civils avaient été blessés dans les affrontements. Selon d'autres médias, jusqu'à quinze membres des forces de sécurité auraient été tués.

Des manifestants tenant des drapeaux lors d'une manifestation contre le coup d'État militaire dans le canton de Launglone à Dawei, dimanche. ©AFP

Confrontés à de nouveaux conflits sur plusieurs fronts, la junte militaire doit également faire face à des manifestations et des grèves quotidiennes contre le coup d'État qui paralysent les hôpitaux, les écoles et de nombreuses entreprises privées.

Plus de 125.000 enseignants, soit un tiers du nombre total d'enseignants dans le pays, ont ainsi été suspendus pour avoir participé au mouvement de désobéissance civile, a déclaré samedi un responsable de la Fédération des enseignants birmans.

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