Chen va pouvoir partir aux USA

(© Laurent Fievet)

Chen Guangcheng, le dissident chinois qui s'était réfugié à l'ambassade des Etats-Unis à Pékin avant de se rendre aux autorités chinoises, va pouvoir quitter le pays avec sa famille. La Chine va lui donner les documents de voyage nécessaires et les Etats-Unis lui accorderont un visa, ainsi qu'à sa famille. Une université américaine serait déjà prête à le recevoir.

La Chine a annoncé ce vendredi que Chen Guangcheng pouvait déposer une demande pour aller étudier à l'étranger, ouvrant apparemment la voie à une résolution de l'imbroglio autour du militant des droits civiques qui s'était réfugié à l'ambassade des Etats-Unis.

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a estimé en fin de journée que des "progrès" avaient été accomplis sur la situation de Chen, se disant "encouragée", mais sans fournir de précisions ni fixer de calendrier pour un départ du dissident. Le porte-parole du Département d'Etat Victoria Nuland a expliqué ensuite que les autorités chinoises avaient accepté de donner "au plus vite" à Chen des "documents de voyage" et que les Etats-Unis lui fourniraient ensuite rapidement un visa, ainsi qu'à sa famille. Une université américaine serait déjà prête à la recevoir.

L'affaire de cet avocat aveugle pourfendeur des avortements forcés a provoqué une crise dans les relations entre les Etats-Unis et la Chine, réunis vendredi à Pékin pour le deuxième et dernier jour de leur "dialogue stratégique et économique" annuel. A l'issue de cette rencontre, Clinton a souligné que les droits de l'Homme sont "essentiels dans tous les pays". "Nous abordons les cas individuels et les situations spécifiques chaque fois que c'est nécessaire", a ajouté la chef de la diplomatie devant des dirigeants chinois.

Peu avant, le ministère chinois des Affaires étrangères avait indiqué que "s'il veut étudier à l'étranger" Chen Guangcheng pouvait "comme les autres citoyens chinois, déposer une demande auprès des autorités compétentes par la procédure habituelle". Ce vendredi matin, Chen avait déclaré à l'AFP depuis son lit d'hôpital à Pékin qu'il était "en grand danger".

Un peu plus tôt, Chen Guangcheng s'était adressé directement par téléphone au Congrès américain qui tenait une audition sur son cas en appelant sur son téléphone portable un militant associatif, Bob Fu, qui participait à la réunion. Le militant, avocat autodidacte, a expliqué qu'il souhaitait obtenir la liberté de voyager afin de pouvoir aller se reposer aux Etats-Unis. Il s'est dit très inquiet pour la sécurité de sa mère et de son frère, restés dans son village du Shandong (est) et dont il n'a pas de nouvelles.

Rappel des faits

Chen est hospitalisé pour une blessure au pied, stigmate de sa fuite le 22 avril de sa maison où il était en résidence surveillée. Champion de la lutte contre les avortements forcés, Chen s'était réfugié à l'ambassade des Etats-Unis la semaine dernière après s'être évadé de chez lui, au nez à et à la barbe de dizaines de gardes. Il avait quitté la mission américaine mercredi, ayant obtenu des assurances pour sa sécurité et celles de ses proches en Chine.

Mais après ses retrouvailles avec son épouse et ses amis, Chen a ensuite déclaré qu'il voulait quitter son pays. "Je n'ai pas soulevé la question de l'asile politique. Je veux juste quitter" la Chine, a-t-il déclaré vendredi.

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