Des manifestants pro-Navalny arrêtés dans les villes russes

Les arrestations de manifestants pro-Navalny ont débuté à Moscou ce samedi. ©REUTERS

Les partisans de l'opposant Alexeï Navalny défilent dans 65 villes russes pour exiger sa libération.

Des dizaines de personnes ont été arrêtées samedi en Russie en marge des manifestations organisées à travers le pays à l'appel des partisans de l'opposant Alexeï Navalny pour exiger sa libération.

De Moscou à Ioujno-Sakhalinsk, l'équipe du célèbre militant anti-corruption, victime d'un empoisonnement présumé cet été, a publié des appels au rassemblement dans 65 villes russes.

Les premières manifestations ont eu lieu dans l'Extrême-Orient russe et en Sibérie, où des milliers de personnes sont descendues dans la rue notamment à Vladivostok, Khabarovsk, Novossibirsk et Tchita, selon les partisans de Navalny, en scandant "Liberté à Navalny!", "Liberté aux prisonniers politiques!", face à d'importants effectifs de la police anti-émeutes déployés sur les lieux.

Environ 200 protestataires avaient déjà été arrêtés dans une vingtaine de villes russes vers 8H30 GMT, selon l'ONG OVD-info, spécialisée dans le suivi des interpellations en marge des manifestations.

Arrestations brutales

Les arrestations ont été particulièrement brutales à Vladivostok, port russe sur l'océan Pacifique, où les policiers anti-émeutes ont couru derrière les manifestants et les ont frappés avec des bâtons, selon une vidéo de l'AFP.

Le maire de Moscou a dénoncé des manifestations "inacceptables" en pleine pandémie.

A Moscou, où la mobilisation de l'opposition est habituellement la plus forte, les protestataires doivent se réunir à 11H00 GMT sur la place Pouchkine, puis défiler le long d'une rue centrale de la capitale en direction du Kremlin. La police moscovite a d'ores et déjà promis de "réprimer sans délai" tout rassemblement non autorisé.
Le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, a dénoncé des manifestations "inacceptables" en pleine pandémie de coronavirus.

Sur Instagram, la femme de M. Navalny, Ioulia, a néanmoins annoncé son intention de manifester à Moscou. Les autorités n'ayant pas autorisé ces rassemblements, les protestataires s'exposent partout en Russie à des poursuites judiciaires.

Le gendarme russe des télécommunications Roskomnadzor a menacé d'amendes les plateformes TikTok et Vkontakte.

Placé en détention jusqu'au 15 février au moins et visé par plusieurs procédures judiciaires, Alexeï Navalny, 44 ans, a été appréhendé dimanche dernier, dès son retour d'Allemagne, après cinq mois de convalescence.

Fin août, il était tombé gravement malade en Sibérie et avait été hospitalisé en urgence à Berlin, victime, selon lui, d'un empoisonnement des services secrets russes à un agent neurotoxique. Trois laboratoires européens avaient également conclu à un empoisonnement, ce que Moscou dément fermement, dénonçant un complot.

Pour limiter ces appels à manifester, le gendarme russe des télécommunications Roskomnadzor a menacé d'amendes les plateformes TikTok et Vkontakte (VK), l'équivalent russe de Facebook.

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