Des mesures radicales pour le Japon?

Haruhiko Kuroda. Reuters ©REUTERS

Le candidat du gouvernement à la BoJ prône des mesures radicales pour en finir avec la déflation.

Le candidat proposé par le gouvernement pour être le prochain gouverneur de la Banque du Japon (BoJ) a énuméré lundi une série de mesures radicales censées permettre au pays d'en finir enfin avec un phénomène de déflation qui plombe depuis deux décennies l'activité de la troisième puissance économique mondiale.

S'exprimant devant les députés, Haruhiko Kuroda, fidèle à la réputation qui l'a précédée, a ainsi déclaré qu'il ne poserait aucune limite aux quantités de liquidités injectées par la BoJ dans le système financier.

Il a également estimé que la politique monétaire actuelle de la banque centrale japonaise, qui a déjà procédé à d'importants rachats d'actifs et dont le taux directeur est proche de zéro, n'était pas suffisante pour atteindre son objectif d'un taux d'inflation de 2%.

Haruhiko Kuroda a ajouté que la BoJ devrait se donner comme mission d'atteindre cet objectif en matière de prix à la consommation en deux ans.

"Il serait naturel pour la BoJ de racheter massivement des obligations souveraines de maturité plus longue", a-t-il dit devant la chambre basse de la Diète.

La procédure

Jeudi dernier, le Premier ministre japonais Shinzo Abe a proposé jeudi au poste de gouverneur de la Banque du Japon (BoJ) Haruhiko Kuroda, président de la Banque asiatique de développement (BAD), et partisan déclaré d'une politique monétaire très accommodante.

Le Parti libéral démocrate (PLD, conservateur) de Shinzo Abe n'est pas majoritaire au sein de la chambre des Conseillers, ou chambre haute, et devra donc obtenir le soutien d'un parti de l'opposition.

Le cas échéant, Haruhiko Kuroda, 68 ans, remplacera Masaaki Shirakawa, 63 ans, qui quittera ses fonctions le 19 mars.

La volonté de Shinzo Abe, en poste depuis décembre 2012, de voir la BoJ mener une politique monétaire plus tranchée et le fait de nommer à la tête de l'institution quelqu'un prêt à mettre ce type de mesures en oeuvre ont fait plonger le yen à un plus bas de trois ans et poussé la Bourse de Tokyo à un plus haut de plus de quatre ans.

Si la nomination de Haruhiko Kuroda est approuvée par les élus, il présidera sa première réunion régulière de politique monétaire les 3 et 4 avril.

"Les attentes des intervenants de marché sont élevées. Il sera difficile pour la BoJ de faire quelque chose susceptible de dépasser ces attentes. On ne peut exclure que la banque centrale décide d'assouplir sa politique avant la réunion de début avril pour créer la surprise", a estimé Koichi Haji, économiste en chef de NLI Research.

→ En plus de la nomination de Haruhiko Kuroda, la Diète doit également se prononcer sur les candidats à deux postes de vice-gouverneur de la BoJ, celle de l'universitaire Kikuo Iwata, lui aussi partisan d'un assouplissement monétaire énergique, et celle de l'actuel responsable de la BoJ chargé des opérations internationales, Hiroshi Nakaso.

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