Désescalade à Hong Kong tandis que Pékin sort les griffes

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Après deux jours de heurts à l'aéroport de Hong Kong, les manifestants lèvent le camp et se dirigent vers la ville. De son côté, la Chine se fait de plus en plus menaçante.

Les manifestants hongkongais ont quitté ce mercredi matin l'aéroport qu'ils occupaient depuis cinq jours. Seule une poignée d'entre eux est restée sur place, tandis que le trafic aéroportuaire a repris un rythme normal après la réouverture des guichets d'enregistrement. Les violences se sont aggravées en marge des sit-in organisés dans l'aéroport, les manifestants ayant pris à parti un journaliste chinois qu'ils ont accusé d'être un espion.

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Les larmes aux yeux, la cheffe exécutive de Hong Kong, Carrie Lam, s'est de nouveau exprimée en conférence de presse. Elle a fait part de sa crainte de voir la société hongkongaise plonger dans une situation très inquiétante. "La situation au cours de la semaine écoulée m'a fait craindre que nous ayons atteint cette situation dangereuse", a-t-elle poursuivi alors que les manifestants réclament son départ depuis maintenant cinq semaines.

Le spectre de Tiananmen

La contestation dans la "région administrative spéciale" représente le plus grand défi du dirigeant chinois Xi Jinping, au pouvoir depuis sept ans. Certains craignent que la réaction de son gouvernement central ne mène à un nouvel épisode de Tiananmen, du nom des manifestations qui avaient eu lieu en 1989 à Pékin. Ces rassemblements avaient alors dégénéré, faisant des centaines de morts et des dizaines de milliers de blessés.

Des vidéos diffusées mardi par le Global Times, un tabloïd lié directement au Parti communiste chinois, confirment les craintes d'une intervention de Pékin. On y voit des dizaines de camions et de blindés appartenant à la Police Armée du Peuple, un contingent paramilitaire spécialisé dans les opérations anti-émeutes, se massant dans la ville de Shenzhen, à la frontière hongkongaise.

Des juristes chinois craignent en effet que le gouvernement central ne mette ses menaces à exécution. Une intervention qui semble de plus en plus plausible depuis que Pékin a comparé les manifestants les plus radicaux à des terroristes. Loin d'être anodine, cette déclaration fixe un précédent qui, selon le droit chinois, pourrait justifier une opération d'anti-terrorisme de la part de la Police Armée du Peuple. Le Global Times parle de son côté "d'apparents exercices à grande échelle." Pékin avait par ailleurs déjà été accusé d'avoir envoyé en secret des membres de ses propres services de police afin d'épauler la police hongkongaise.

Capitale économique de l'Asie, Hong Kong souffre économiquement de la contestation. La réputation de stabilité de la ville est sérieusement entachée par les manifestations qui durent depuis mars dernier, ce qui ne manque pas de refroidir les investisseurs étrangers. Une intervention chinoise apeurerait d'autant plus ceux-ci qu'elle s'accompagnerait d'un affaiblissement du degré d'autonomie hongkongais, principal moteur de son économie.

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