Entre le Japon et la Corée, le ton ne cesse de monter

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Le Japon et la Corée du Sud s’infligent des sanctions commerciales réciproques. En cause, un différend profond sur la période de l’occupation japonaise.

Le Japon a décidé vendredi de durcir encore les restrictions commerciales envers la Corée du Sud, la rayant d’une liste d’États bénéficiant d’un traitement de faveur, une mesure perçue comme une sanction par Séoul qui a répliqué avec une radiation similaire.

Cette disposition prendra effet le 28 août, a précisé le ministre nippon du Commerce et de l’Industrie, Hiroshige Seko.

"L’impact est susceptible de se propager au secteur automobile et des écrans numériques."
Mun Byung-ki
association coréenne du commerce international

En dégradant la Corée du Sud de la catégorie des États A (exemptés de procédures d’autorisation pour acheter des produits sensibles de fabricants japonais) à celle des États B (autorisation spéciale obligatoire), Tokyo signifie que son voisin n’est pas fiable et qu’il faut s’assurer avant d’exporter qu’il ne va pas utiliser à des fins détournées (militaires notamment) les matériaux et équipements venant du Japon.

Pour les autorités japonaises, "il s’agit simplement d’une révision de la liste des pays de confiance, nécessaire dans le cadre d’une gestion appropriée du contrôle des exportations, pour la sécurité nationale", a justifié M. Seko, niant qu’il s’agisse d’une sanction.

Différends historiques

Cependant, vu de Séoul, cette nouvelle disposition ne sera pas aussi bénigne que les Japonais veulent bien le dire. "L’impact est susceptible de se propager au secteur de l’automobile et des écrans organiques (OLED) parmi beaucoup d’autres", a expliqué à l’AFP à Séoul Mun Byung-ki, un chercheur de l’Association coréenne du commerce international.

Le Japon avait déjà décidé début juillet de lever l’exemption de procédure pour trois produits chimiques nécessaires entre autres à la fabrication de smartphones et de téléviseurs, une décision très pénalisante pour les géants de l’électronique sud-coréens comme Samsung et LG Electronics.

Le gouvernement japonais est furieux que des tribunaux de Corée du Sud exigent d’entreprises japonaises qu’elles dédommagent des Sud-Coréens qui avaient été forcés de travailler dans leurs usines durant l’occupation japonaise.

En réalité, le gouvernement japonais est furieux que des tribunaux de Corée du Sud exigent d’entreprises japonaises qu’elles dédommagent des Sud-Coréens qui avaient été forcés de travailler dans leurs usines durant l’occupation japonaise jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

La ministre sud-coréenne des Affaires étrangères, Kang Kyung-wha, avait averti de son côté que "le cadre de coopération en matière de sécurité entre la Corée du Sud et le Japon pourrait être affecté" par les mesures prises par Tokyo. La reconduction d’un accord de partage de renseignements militaires pourrait être compromise.

Le Japon et la Corée du Sud sont deux alliés des Etats-Unis, dont dépend en grande partie leur sécurité, notamment face à la Corée du Nord.

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