Il y a 70 ans, Hiroshima était rayée de la carte

©REUTERS

Le Japon commémore le bombardement atomique d'Hiroshima ce jeudi. Le premier de l'Histoire. 70 ans plus tard, c'est une ville nouvelle qui accueille les touristes. Mais elle garde aussi ses stigmates.

Le 6 août 1945, la première bombe atomique utilisée contre des civils tombait sur la ville portuaire d'Hiroshima. Une seconde anéantirait à son tour Nagasaki trois jours plus tard, forçant l'Empereur du Japon à capituler. La seconde guerre mondiale est terminée. Ce jeudi, le pays commémore les victimes de cette première attaque nucléaire.

140.000
On estime à 140.000 le nombre de morts, au moment de l'impact puis ultérieurement, sous l'effet de l'irradiation.

Malgré cette attaque nucléaire, la ville s'est relevée.

Les buildings poussent sur les ruines

Le Palais d'exposition industrielle de la préfecture d'Hiroshima après le bombardement atomique. Proche de l'épicentre, ce bâtiment en pierre est encore debout malgré la force de l'explosion. ©REUTERS
Le Palais d'exposition industrielle de la préfecture d'Hiroshima aujourd'hui. Le bâtiment a été conservé en l'état et a été renommé "Dôme de la Bombe atomique". ©REUTERS
70 ans après, la cathédrale Urakami et le quartier alentour ont été reconstruit. ©REUTERS
La cathédrale Urakami en partie détruite par la bombe atomique en 1945. ©REUTERS
En arrière-plan, on distingue les ruines de l'École Nationale de Shiroyama sur cette photo prise en 1945. ©Nagasaki Atomic Bomb Museum
70 ans plus tard, les ruines aux alentours de l'École Nationale ont laissé la place à des routes, des maisons et des buildings. ©Reuters
Le pont Aioi, après le bombardement de 1945. À gauche de l'image, on peut distinguer le Palais d'exposition industrielle. ©Hiroshima Peace Memorial Museum
Le pont Aioi, aujourd'hui. ©Reuters

Aujourd'hui, Hiroshima n'est pas un "no man's land" radioactif, mais une ville d'1,2 million d'habitants. C'est à nouveau un centre de commerce prospère.

Bienvenue dans l'ère nucléaire

7 août 1945. Le président américain Harry Truman s'adresse à ses concitoyens: "Il y a peu de temps, un avion américain a lancé une bombe sur Hiroshima".

 

Il était 08H15, le 6 août 1945, lorsqu'un bombardier B-29 baptisé Enola Gay volant à haute altitude au-dessus de la ville a largué Little Boy ("petit garçon" en français), une bombe à uranium dotée d'une force destructrice équivalente à 16 kilotonnes de TNT.

Un gigantesque champignon nucléaire s'est élevé jusqu'à 16 km au-dessus de la ville. ©AFP

43 secondes plus tard, alors qu'elle se trouvait à 600 mètres du sol, la bombe a explosé en une boule de feu dégageant une température d'un million de degrés Celsius. La température au sol a atteint 4.000 degrés, de quoi faire fondre de l'acier. Sous la chaleur, des formes humaines ont été imprimées sur les murs en pierre. Des souffles de 1,5 kilomètre par seconde ont projeté des débris vers l'extérieur, arrachant au passage membres et organes.

M. Tsuboi, alors jeune étudiant, se trouvait à environ 1,2 kilomètre de l'impact. Lorsqu'il s'est relevé, sa chemise, son pantalon et sa peau flottaient en lambeaux, des veines pendaient de ses plaies, une partie de ses oreilles manquait.

"C'était une lueur soudaine, blanche, argentée"
Sunao Tsuboi (90 ans)

Il se rappelle avoir vu une adolescente dont le globe oculaire droit pendait sur le visage. Non loin, une femme tentait vainement d'empêcher ses intestins de tomber.

Les irradiés d'Hiroshima

Pour les survivants, s'ouvrait alors la terrifiante inconnue d'une nouvelle maladie: gencives en sang, dents déchaussées, chutes de cheveux par mèches entières, naissances prématurées, bébés difformes, morts subites. La crainte qu'ils soient contagieux les a isolés et beaucoup ont eu des années plus tard des difficultés à trouver un emploi ou à se marier.

"Combien de Japs avons-nous tués?". "J'ai vraiment l'impression d'avoir à chercher mes mots pour expliquer ça... Mon Dieu, qu'avons-nous fait?"
Capitaine Robert Lewis
Co-pilote de l'Enola Gay

Très peu d'américains regrettent cette mission de l'Enola Gay. Selon une étude du Pew Research Center datant de février, 56% des Américains interrogés estimaient que l'utilisation de la bombe atomique contre Hiroshima et Nagasaki était justifiée.

Ces deux bombes ont porté un coup final au Japon impérial, qui s'est rendu le 15 août 1945, marquant le terme de la Seconde guerre mondiale. Pour les partisans de la décision d'utiliser l'arme nucléaire, si celle-ci a fait de nombreuses victimes, elle a évité une invasion terrestre évaluée à plusieurs centaines de milliers morts voire à plusieurs millions selon certains.

©MFN / Open Street Map / Mapbox

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