analyse

L'économie chinoise souffre de la guerre commerciale avec Washington

Le président chinois Xi Jinping ©REUTERS

Nouveau coup de mou pour l’économie chinoise, dont la croissance est tombée à 6,2% en rythme annuel. Son plus bas niveau depuis 27 ans. Pékin pourrait annoncer de nouvelles mesures de soutien à la consommation et aux investissements.

La guerre commerciale avec Washington grignote trimestre après trimestre la croissance économique chinoise. En rythme annuel, elle est tombée à 6,2%, son plus bas niveau historique, selon les statistiques publiées ce lundi.

Pékin tente depuis des mois, sans succès, de freiner le ralentissement de son économie à coup d’injection massive: 300 milliards de dollars le mois dernier en réductions de taxes aux PME et aides financières directes, et plus de 80 milliards en début d’année pour soutenir l’investissement via un programme de grands travaux dans le domaine du transport ferroviaire, des centrales électriques et des aéroports. Une stratégie semblable à celle mise en place lors des crises précédentes, en 2009 et en 2015.

Pékin redoute surtout que ce ralentissement économique n’entraîne des troubles sociaux.

Une nouvelle enveloppe pourrait être annoncée d’ici la fin de l’été après la réunion attendue du bureau politique du Parti communiste ce mois-ci. Beaucoup d’économistes estiment de plus en plus nécessaire de soutenir encore davantage la consommation et l’investissement, fût-ce au prix d’un nouveau stimulus. Car Pékin redoute surtout que ce ralentissement économique n’entraîne des troubles sociaux et une flambée du chômage qui, pour la première fois, a dépassé les 5,1%.

Dans le sud industriel du delta de la rivière des Perles, des milliers d’usines ont déjà mis la clef sous la porte. Beaucoup se sont installées au Vietnam pour échapper aux sanctions économiques américaines. C’est le cas notamment pour les productions à faible valeur ajoutée qui n’ont pas résisté aux taxes américaines de 25% annoncées en mai dernier.

Cette charge américaine visant l’équivalent de 2.000 milliards de dollars de biens chinois n’a pas été compensée par la demande intérieure malgré la progression de 9,8% des ventes au détail le mois dernier. Un rythme sans précédent depuis mars 2018. Ces ventes ont surtout résulté d’un bond de 17,2% des ventes d’automobiles, qui ont bénéficié de forts rabais, les concessionnaires vidant leur stock avant l’été.

Pousser la consommation

Mais l’économie chinoise aura du mal à compenser cette baisse des exportations par une seule hausse de la demande intérieure. C’est pourtant l’un des piliers de la stratégie du gouvernement chinois, qui souhaite passer du statut d’usine du monde à un modèle économique plus centré sur la consommation.

1,3%
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La part de marché des banques étrangères en Chine plafonne depuis 15 ans à 1,3%, et 3,9% dans la gestion d’actifs.

Pour sortir de l’ornière, Pékin a déjà annoncé la semaine dernière l’ouverture de huit nouveaux secteurs aux investissements étrangers. C’est le cas notamment des télécommunications, des transports, de l’automobile et surtout du secteur financier. Ces secteurs vont tous bénéficier d’un assouplissement du plafonnement de l’actionnariat étranger dès 2020.

BNP Paribas, UBS, Allianz et AXA ont ainsi récemment renforcé leur présence en Chine. Morgan Stanley, HSBC Holdings, JPMorgan Chase, Nomura Holdings et UBS devraient suivre.

Ce marché est estimé à 40.000 milliards de dollars, mais il n’en reste que des miettes pour les étrangers. La part de marché des banques étrangères en Chine plafonne ainsi depuis 15 ans à 1,3%, et 3,9% dans la gestion d’actifs.

La Chine espère ainsi non seulement calmer la pression externe mais aussi encourager les entrées de capitaux étrangers. Des capitaux qui pourront ensuite être mobilisés pour relancer une machine économique encrassée.

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