L'Europe prend des sanctions contre douze participants au coup d'État en Birmanie

Dimanche, huit personnes ont été tuées par les militaires lors d'une manifestation à Mandalay. ©REUTERS

L'UE va imposer des sanctions contre douze personnes impliquées dans le coup d'État commis début février en Birmanie.

"Sur la Birmanie, nous allons prendre des sanctions contre 11 personnes impliquées dans le coup d'État et la répression des manifestants", a déclaré, ce lundi, le Haut représentant de l'Union européenne (UE) pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité Josep Borrell en amont d'une réunion des ministres des Affaires étrangères du bloc communautaire.

Parmi ces personnes sanctionnées, le chef de la junte militaire au pouvoir en Birmanie, le général Min Aung Hlaing, dix des plus hauts gradés des forces armées, mais aussi le président de la commission électorale pour la répression menée dans le pays depuis le coup d'État, portant le nombre total à douze. Les sanctions consistent en une interdiction de se rendre ou de transiter par l'UE et un gel de leurs avoirs ou de leurs ressources dans l'UE, précise la déclaration officielle publiée par le Conseil européen en début d'après-midi.

250
morts
Depuis le début du coup d'État en Birmanie, quelque 250 personnes ont été tuées et plus de 2.600 arrêtées par les forces de sécurité.

La Birmanie est plongée dans le chaos depuis que la junte militaire a placé en détention la dirigeante de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) Aung San Suu Kyi, dont le parti a largement remporté les dernières élections en novembre.

La violence a franchi un nouveau cap il y a quelques semaines lorsque les militaires se sont mis à tirer à balles réelles sur les manifestants. Mais cette répression sanglante ne décourage pas la population, qui descend, de jour comme de nuit, dans la rue pour crier son mécontentement et tenter de déjouer la riposte des forces de sécurité.

Huit morts dimanche

Des manifestants ont ainsi encore défilé ce lundi avant l'aube à Mandalay (centre), la deuxième ville et capitale culturelle du pays, au lendemain d'une nouvelle journée de répression meurtrière durant laquelle huit contestataires ont été tués et une cinquantaine blessés. Certains des manifestants brandissaient notamment des pancartes appelant l'ONU à intervenir.

Nouvelle manifestation contre le coup d'État militaire à Mandalay, ce dimanche 21 mars. ©EPA

Dimanche soir, des moines ont organisé une cérémonie avec des bougies en hommage aux personnes tombées sous les balles. Des tirs d'armes automatiques pouvaient être entendus dans un quartier de la ville jusque vers 23h. À Rangoon, la capitale économique, des manifestations se sont également déroulées tôt ce lundi matin dans certains quartiers.

Depuis le coup d'État du 1er février, quelque 250 personnes ont été tuées et plus de 2.600 arrêtées, selon les données recueillies par l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP).

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