L'inflation chinoise dépasse les objectifs du gouvernement

Baisse de la production industrielle et des investissements urbains, inflation supérieure aux objectifs et diminution de l'octroi des crédits bancaires, les indicateurs chinois publiés ce matin étaient mitigés. Une chose est sûre, le gouvernement de Pékin veut à tout prix éviter la surchauffe.

L'inflation en Chine a dépassé en mai l'objectif annuel fixé par le gouvernement, sur fond de baisse de la production industrielle et des investissements urbains, compliquant la tâche des autorités dans leur volonté de maintenir une croissance stable.

Cependant, la baisse des nouveaux crédits accordés par les banques le mois dernier -- 639,4 milliards de yuans (77,3 mds euros) contre 774 milliards en avril -- montre apparemment que les efforts de Pékin pour éviter la surchauffe de la troisième économie mondiale commencent à porter leurs fruits, même si les analystes s'inquiètent toujours des pressions inflationnistes.

L'indice des prix à la consommation, principal gauge de l'inflation dans la troisième économie mondiale, a grimpé de 3,1% sur un an, contre 2,8% en avril, selon les chiffres dévoilés par le Bureau National des statistiques (BNS).

"Nous avons l'objectif de maîtriser l'augmentation des prix à quelque 3% cette année. La pression est assez forte mais nous pouvons atteindre cet objectif en poursuivant les efforts", a assuré à la presse le porte-parole du BNS, Sheng Laiyun.

Ce dernier a expliqué cette hausse en mai par le niveau bas de l'année dernière et par l'augmentation des prix des aliments et du logement, ajoutant que les pressions sur les prix pourraient baisser plus tard dans l'année.

Le gouvernement veut maintenir l'inflation sous la barre des 3% pour l'ensemble de l'année, mais certains analystes pensent qu'elle pourrait s'approcher des 4% en raison de l'augmentation du coût du travail et de la hausse des prix des matières premières.

Illustration de ces pressions, des groupes étrangers présents en Chine, comme le taïwanais Foxconn ou le japonais Honda, ont été obligés d'augmenter fortement le salaire de leurs ouvriers, après une série de suicides ou de grèves, en particulier dans le sud manufacturier.

Pékin tente d'éviter la surchauffe de son économie après avoir traversé la crise grâce à un plan de relance conséquent et pourrait être amené à augmenter les taux d'intérêt.

Mais pour Brian Jackson, analyste à la Royal Bank of Canada à Hong Kong, cette décision ne devrait pas intervenir dans l'immédiat.

"Pékin souhaiterait retarder la politique de resserrement jusqu'à avoir une idée plus claire de l'état du marché immobilier et des conséquences de la faiblesse de la zone euro, mais cette stratégie est risquée en raison des perspectives de l'inflation à court terme" a-t-il estimé.

Pour l'économiste de Bank of America-Merrill Lynch, Lu Ting, les responsables doivent éviter toute réponse "réflexe" et précipitée alors que l'économie chinoise montre des signes de ralentissement.

En mai, les investissements en capital fixe dans les zones urbaines, indicateur des dépenses gouvernementales dans les infrastructures, ont augmenté de 25,9% sur les cinq premiers mois de l'année, contre +26,1% entre janvier et avril, selon le BNS.

La production industrielle a connu, elle, une hausse de 16,5% en mai sur un an, après 17,8% en avril.

Les ventes de détail, reflet de la consommation, ont progressé de 18,7% sur un an en mai.

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