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L'irrésistible ascension spatiale de la Chine

Les trois taïkonautes qui décollent ce jeudi, dont le capitaine Nie Haisheng (qui salue), ont donné une conférence de presse mercredi. ©EPA

Trois taïkonautes s'envolent ce jeudi vers la station spatiale chinoise. Une nouvelle étape dans un programme spatial ambitieux qui se déploie à toute vitesse.

Trois locataires pour un bail de trois mois: la nouvelle station spatiale chinoise s'apprête à accueillir la plus longue mission jamais effectuée par des hommes de l'espace chinois. Ce jeudi, dans le désert de Gobi, l'équipage embarque pour la mission Shenzhou-12, la septième mission habitée chinoise d'un programme spatial très ambitieux.

L'objectif des trois hommes, c'est "Harmonie céleste" – le principal module de la station chinoise. Il a été placé en avril sur son orbite, à environ 350 km au-dessus du plancher des vaches. C’est la première pierre de ce qui doit devenir le Palais céleste (Tiangong), une station spatiale dont la taille sera comparable à celle de l’ancienne station soviétique Mir.

Rattrapage

Les taïkonautes devront remplir des opérations de maintenance, d’installation de matériel et de préparation des prochaines missions dans la station. C’est le 3e lancement sur les onze qui sont prévus pour mener à bien la construction de la station. Il s'agira notamment d'y arrimer deux autres modules, des laboratoires, dont l'envoi est prévu l'an prochain. La station pourrait accueillir à l'avenir des astronautes non chinois - des astronautes européens ont déjà participé à des formations dans le centre de formation de Yantai.

"Depuis des décennies, nous avons écrit de glorieux chapitres de l'histoire spatiale chinoise et notre mission incarne les attentes du peuple et du parti lui-même", a déclaré mercredi le commandant de l'expédition, Nie Haisheng, lors d’une conférence de presse. Après le lancement du programme spatial chinois, dans les années 1950, la Chine a dépensé des milliards de dollars ces dernières décennies pour rattraper son retard sur les pionniers de l’espace.  Avec succès: elle est aujourd’hui une des trois puissances spatiales autonomes et multiplie les missions tous azimuts.

Objectif Mars

À l’été 2020, elle avait déjà lancé une mission sur Mars, et elle est devenue en mai le deuxième pays à envoyer un robot sur Mars, Zhurong, un rover qui a tout récemment défrayé la chronique en postant des "selfies" pris sur la planète rouge. Un début: Pékin a commencé la planification de missions habitées vers Mars.

La Chine a aussi réalisé des progrès rapides dans l'exploration de la Lune. En 2019, elle avait fait une première mondiale en envoyant un robot sur la face cachée du satellite naturel. En décembre dernier, elle est devenue la troisième nation à réussir à y recueillir et en ramener sur Terre des échantillons. Et elle ne manque pas d’ambition: elle se donne jusqu’à 2030 pour établir une base lunaire.

Les cartons de projets débordent. La Chine prévoit aussi une mission de dix ans pour collecter des échantillons d'astéroïdes; elle prévoit en 2024 le lancement d'un télescope comparable à Hubble; et envisage d'envoyer des orbiteurs vers Vénus et Jupiter. En décembre, la Chine a aussi présenté un lanceur qui pourra à l'avenir effectuer des atterrissages verticaux, la fierté américaine de SpaceX.

"La République populaire de Chine n'est plus un outsider, mais un vrai challenger aux grandes puissances de l'espace, y compris les États-Unis."
Marc Julienne
Ifri

"La République populaire de Chine n'est plus un outsider, mais un vrai challenger aux grandes puissances de l'espace, y compris les États-Unis", observait récemment Marc Julienne, chef du centre de recherches chinoises à l'Institut français des relations internationales dans un rapport sur le sujet. Et même si en termes technologiques et de moyens, elle reste en retrait, elle ne compte pas s'arrêter là: la stratégie spatiale vise à contribuer à faire du pays la première grande puissance technologique au monde d'ici 2049, pour le centenaire de la création de la République populaire.

Le résumé

  • La Chine lance ce jeudi la mission habitée la plus longue de son histoire.
  • Objectif : aménager la nouvelle station spatiale chinoise, qui pourra à terme accueillir des astronautes étrangers.
  • Nouvelle étape d'un programme spatial aussi chargé qu'ambitieux, chargé de contribuer à faire de la Chine la première puissance technologique au monde d'ici 2049.

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