L'Ukraine face à une "grande guerre" avec la Russie

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"Une grande guerre est arrivée dans notre maison, une guerre que l'Europe n'a pas vue depuis la deuxième guerre mondiale. Dans une telle guerre les pertes vont se calculer non par centaines, mais par milliers voire des dizaines de milliers de morts", estime le ministre ukrainien de la Défense Valéri Gueleteï.

Au lendemain de déclarations de Vladimir Poutine évoquant pour la première fois l’idée d’un "statut étatique" pour la zone séparatiste, des représentants de l'Ukraine, de la Russie et de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) devraient participer à une première réunion du groupe de contact.

Un ou plusieurs représentants des séparatistes seront présents, a annoncé Andreï Pourguine, "Premier ministre adjoint" de la "République populaire de Donetsk" (DNR), unilatéralement proclamée par les insurgés. "J'espère que la discussion portera sur un cessez-le-feu", avait déclaré samedi à Bruxelles le président ukrainien Petro Porochenko.

 Dimanche, Vladimir Poutine a évoqué pour la première fois la création d'un nouvel État.  "Nous devons commencer immédiatement des discussions substantielles (...) sur des questions touchant à l'organisation politique de la société et à un statut étatique pour le sud-est de l'Ukraine afin de protéger les intérêts légitimes des personnes qui y vivent", a-t-il déclaré dans une interview télévisée.

Peu après la diffusion de ces propos, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a souligné que le président n'avait jamais évoqué la création d'un État indépendant pour les régions du sud-est. Il s'agit "d'une interprétation absolument fausse", a-t-il estimé.

Express

Jusqu'à présent, la Russie prônait une "fédéralisation" pour les régions séparatistes orientales de Donetsk et de Lougansk.

L'Ukraine est face à une "grande guerre" avec la Russie où les pertes vont s'élever à des dizaines de milliers de morts, a déclaré lundi le ministre ukrainien de la Défense Valéri Gueleteï. "Une grande guerre est arrivée dans notre maison, une guerre que l'Europe n'a pas vue depuis la deuxième guerre mondiale. Dans une telle guerre les pertes vont se calculer non par centaines, mais par milliers voire des dizaines de milliers de morts", a-t-il écrit sur son compte Facebook.

Dans ce contexte, le président américain Barack Obama se rend mercredi en Estonie, avec un objectif : mettre en garde le président russe Vladimir Poutine contre la tentation de s'en prendre à un pays de l'alliance, aussi petit soit-il. 

Au même moment, la Commission européenne doit commencer à travailler sur de nouvelles sanctions contre la Russie, accusée par les Occidentaux d'avoir déployé des troupes en appui des rebelles séparatistes. La Commission doit présenter ces nouvelles mesures d'ici la fin de la semaine aux dirigeants européens, qui prendront une décision "en fonction de l'évolution de la situation sur le terrain".

Le président russe Vladimir Poutine a appelé lundi au "bon sens". "J'espère que le bon sens va prévaloir (...) et que ni nous, ni nos partenaires n'allons provoquer de dégâts avec ces piques respectives", a-t-il déclaré, cité par les agences russes, lors d'une réunion dans l'Extrême-Orient.

 

'Invasion russe directe'

Sur le terrain, les séparatistes, qui ont repris la semaine dernière du terrain, semblaient préparer une nouvelle contre-offensive.

Les forces ukrainiennes paraissent désormais cernées dans la zone entre le fief rebelle de Donetsk, la frontière russe à l'est et le port stratégique de Marioupol au sud sur les bords de la mer d'Azov. Autour de Donetsk, les signes d'un retrait des forces loyalistes ukrainiennes s'accumulent, selon un journaliste de l'AFP.

Le président de la commission des Affaires étrangères du Sénat américain, le démocrate Robert Menendez, a estimé dimanche que les États-Unis et l'Otan

A savoir

Le conflit dans l'est de l'Ukraine, qui a fait près de 2.600 morts, a franchi une nouvelle étape après des informations diffusées cette semaine sur des incursions de soldats des troupes régulières russes en Ukraine, plus de 1.000 selon l'Otan.

devraient fournir des armes à l'Ukraine. "Il n'est plus question de rebelles séparatistes qui combattent dans l'est de l'Ukraine, mais d'une invasion russe directe (...) avec des milliers de soldats, des missiles et des chars", a-t-il affirmé.

Samedi à Bruxelles, les dirigeants de l'Union européenne ont exigé que la Russie "retire toutes ses forces militaires" de l'Ukraine et se sont dits prêts à prendre de "nouvelles mesures significatives". Mais l’UE a toutefois rejeté l'idée de fournir des armes à Kiev, soutenue notamment par la présidente lituanienne Dalia Grybauskaité, selon laquelle "la Russie est en état de guerre avec l'Ukraine" c'est-à-dire "pratiquement en guerre contre l'Europe".

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