La Belgique tient bon face à Pékin sur les Ouïghours

La Chine s'en était pris directement au député écologiste Samuel Cogolati, à l'origine de la résolution. ©BELGA

Les avertissements de Pékin n’y auront rien fait: le Parlement belge a ratifié jeudi la résolution qui reconnaît un "risque sérieux de génocide" des Ouïghours.

La Chine avait haussé le ton, mi-juin, après l’adoption par la commission des Relations extérieures de la Chambre d’une proposition de résolution sur les Ouïghours, qui condamne les détentions arbitraires dans des camps de rééducation, et soutient les initiatives internationales visant à protéger les Ouïghours et les autres minorités musulmanes.

Le texte prône le gel de l'accord sur les investissements UE-Chine et la fin de la convention d'extradition.

"Nous appelons la Belgique à rectifier immédiatement son erreur", avait alors déclaré le porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhao Lijian. Il s’en était aussi pris directement au député écologiste Samuel Cogolati, à l’origine de la résolution, l’accusant de répandre délibérément des "mensonges et des fausses informations". Un député qui figure parmi les personnalités européennes visées depuis fin mars par des sanctions chinoises.

Un "risque sérieux de génocide"

Même si d’autres États ont déjà fait l’objet de représailles suite à des conflits politiques avec l'Empire du milieu, le Parlement belge n’a pas plié devant les tentatives d’intimidation, et a adopté, ce jeudi, la résolution en séance plénière.

Le texte pointe des "violations graves et systématiques des droits humains" et un "risque sérieux de génocide". Il dénonce la détention arbitraire de plus d’1 million d'Ouïghours dans des "camps de rééducation", les tortures, le travail forcé ou les abus sexuels.

Le cavalier seul du PTB

Outre le gel de l’accord sur les investissements UE-Chine (dont le processus de ratification est déjà gelé par le Parlement européen), il prône la fin de la convention d’extradition entre la Chine et la Belgique si ces violations des droits fondamentaux perdurent.

La Chine était, en 2020 le cinquième fournisseur de la Belgique et son neuvième client.

Le texte a été voté à la quasi-unanimité, le PTB étant le seul parti à faire dissonance en choisissant de s’abstenir. Tout en affirmant trouver inacceptable l’attitude de la Chine à l’égard des Ouïghours, il dit voir dans cette résolution l’instrument d’une nouvelle guerre froide menée par les États-Unis avec ses alliés.

Un partenaire économique de taille

Cette position pourrait ne pas être sans conséquences. La Chine était, en 2020 le cinquième fournisseur de la Belgique et son neuvième client: les importations en provenance de Chine s'élevaient à 18,2 milliards d'euros, et les exportations belges vers la Chine à 8,5 milliards. Les importations concernent quelque 17.000 entreprises belges et les exportations près de 2.500, selon les chiffres de la Banque nationale.

Outre les représailles économiques, une multiplication des cyberattaques ou l'intensification de la guerre de l'information, avec la propagation de "fake news", fait partie des répliques possibles.

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