Publicité
Publicité

La Chine conserve ses métaux précieux pour elle-même

La Toyota Prius vaut 13,5 kilos de terres rares.

L'Empire du Milieu restreint drastiquement l’exportation de métaux rares, indispensables à l’industrie de la technologie dans le monde.

Depuis quelques semaines, les "terres rares" sont revenues à l’avant-plan de l’actualité. Et pour cause, la Chine, le principal extracteur de ces minerais et métaux au monde, menace de fermer le robinet de ses exportations.

Que sont, en deux mots, ces "terres rares"? Il s’agit de terres contenant divers minerais et métaux -au nombre de 17 en fait- peu répandus dans le monde. On trouve parmi celles-ci, et pour ne citer que cette poignée de noms, du terbium, du dysprosium, du neodimyum, du cerium et du lanthanum.

L’originalité de ces matières rares, c’est qu’elles sont couramment utilisées dans de nombreuses technologies de pointe, comme les turbines d’éoliennes, les batteries de véhicules électriques et hybrides, les smartphones, les écran plats de télévision, les radars, lasers, et bien d’autres encore. 

Monopole quasi chinois

La Chine, qui détient un quasi-monopole sur ces terres rares en assurant actuellement un peu plus de 90 % de la production mondiale, soit 89.300 tonnes en 2009, est forcément aussi le principal fournisseur de ces terres au monde. Si celles-ci font aujourd’hui l’objet d’inquiétudes dans les grandes chancelleries de la planète, du Japon aux Etats-Unis, en passant par Berlin et Paris, c’est que Pékin envisage de restreindre drastiquement l’exportation de ses terres rares à partir de 2011, afin de satisfaire ses propres besoins.

En 2009 déjà, la Chine avait fait part de cette menace. Cette fois, elle paraît bien résolue à exécuter son projet. Le pays a d’ailleurs décidé en juillet dernier, de réduire de 72 % son quota pour les exportations de ces minéraux dans la seconde partie de cette année. 

Les prix s’envolent

Conséquence de la décision prise par la Chine, les cours des terres rares se sont tout naturellement envolés. Le prix du lanthanum oxide utilisé pour les batteries des voitures hybrides, a été multiplié par 7 pour atteindre 50 dollars le kilo. Pour le cerium oxide, utilisé pour le lissage des semi-conducteurs, la hausse a été aussi importante, selon des indications fournies par Metal Pages (Londres). La hausse de ces cours risque d’avoir un impact défavorable sur les prix des biens de consommation. Il faut savoir par exemple que le modèle Prius de Toyota contient 13,5 kilos au total de ces métaux rares.

Revers favorable à l’envolée des prix des terres rares, des mines qui avaient fermé lors des décennies écoulées, en raison de prix anticoncurrentiels pratiqués à l’époque par la Chine, vont pouvoir être réexploitées. La société américaine Molycorp, qui lorgne une mine dans le Mountain, avait à cet effet levé des fonds en juillet. Le groupe minier suisse Glencore International envisagerait aussi, en joint-venture avec Wings Enterprises, de réactiver une mine fermée aux USA, selon un article paru sur le site du Wall Street Journal il y a huit jours.

Parmi les régions disposant de ces minéraux exceptionnels, les USA disposent de réserves importantes inexploitées à ce jour. L’Australie, le Canada, l’Inde, le Brésil, le Vietnam et, dans une certaine mesure, l’Afrique du Sud, sont d’autres pays qui en produisent à ce jour.  Il faudra cependant du temps pour arriver à compenser le retrait chinois de ce marché. L’Agence allemande des Matières premières évalue que "cela pourrait prendre une décennie pour dénicher des sources d’approvisionnement alternatives capable d’assurer une offre stable".

Réaction de sociétés 

A ce jour, peu de sociétés ont publiquement réagi à la décision de la Chine. Toyota, qui utilise 10.000 tonnes de terres rares par an, a indiqué "chercher à diversifier ses sources d’approvisionnements, via le Vietnam et l’Inde entre autres".

 Nissan explore aussi d’autres sources alternatives, capables d’assurer ses besoins. Mais précise "disposer de stocks suffisants et chercher à en réduire sa consommation pour les modèles hybrides". 

Plus près de nous, le groupe bruxellois Umicore a récemment déclaré qu’"il faisait le nécessaire pour sécuriser ses approvisionnements en terres rares".

 

Marc Collet

 

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés