La Chine rejette une réévaluation rapide du yuan

Le gouverneur de la banque centrale de Chine, Zhou Xiaochuan

Le gouverneur de la banque centrale de Chine, Zhou Xiaochuan, a rejeté vendredi à Washington une réévaluation rapide de sa monnaie, le yuan, et l'idée d'une "thérapie de choc" pour la deuxième économie mondiale.

La Chine "essaie de bouger progressivement vers un niveau plus équilibré (...). Nous faisons cela de manière progressive, plutôt que par une thérapie de choc", a déclaré le gouverneur de la banque centrale de Chine, Zhou Xiaochuan lors d'un débat organisé par la BBC en marge de l'assemblée annuelle du Fonds monétaire international.

"Il nous faut poursuivre la réforme du taux de change", a-t-il estimé.

La Chine avait annoncé en juin qu'elle allait laisser le yuan flotter plus librement, après près de deux ans d'arrimage au taux de change du dollar. Après plusieurs semaines de réévaluation très lente, les Etats-Unis ont repris en septembre leurs critiques au sujet de la sous-évaluation de la monnaie de leur deuxième partenaire commercial.

M. Zhou a été soutenu lors de ce débat par le directeur général du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn.

"Nous avons un grand problème de changes, une grande discussion qui n'est secrète pour personne, entre les Etats-Unis, le Japon, les Européens d'un côté, et la Chine de l'autre, pour savoir si la monnaie chinoise est sous-évaluée, ce que nous pensons au FMI depuis longtemps", a-t-il résumé.

"Maintenant, on ne peut pas attendre de la Chine qu'elle fasse cela du jour au lendemain. Ils ont une économie de treize cent millions de personnes, et cela bouge très vite dans la bonne direction, cette direction étant une croissance moins tirée par les exportations, un modèle de croissance plus tiré par la demande intérieure et c'est compatible avec une réévaluation", a-t-il ajouté.

M. Zhou a également affirmé vendredi que son pays avait confiance dans la capacité des Etats-Unis à réduire leur déficit budgétaire et limiter la hausse de leur dette publique.

Il a estimé qu'un niveau de dette comme celui de la Grèce obligeait à prendre des mesures de rigueur.

"Pour les Etats-Unis, nous ne sommes pas vraiment sûrs, parce que le ratio de la dette par rapport au PIB est relativement élevé, mais il semble que vous pouvez toujours le gérer par un programme de consolidation à moyen terme", a-t-il estimé.

"Nous sommes très prudents quand nous faisons des commentaires dans les autres pays. Mais nous pensons que pour la Chine le ratio de la dette par rapport au PIB est relativement faible", a-t-il ajouté.

Les Chinois (hors Hong Kong) sont les premiers créanciers de l'Etat fédéral américain, les créanciers privés et publics du pays détenant 846,7 milliards de dollars des titres de dette du Trésor des Etats-Unis.

D'après les chiffres du gouvernement américain, la dette publique des Etats-Unis atteint aujourd'hui 93,5% du produit intérieur brut.

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