La Commission électorale russe dénonce une cybertattaque

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Jouissant d'une fidèle base de soutiens dans tout le pays, M. Navalny, exclu de la campagne, a appelé au boycott de l'élection et dépêché plus de 33.000 observateurs dans les bureaux de vote.

 Le réseau informatique de la Commission électorale russe a été visé dimanche par une cyberattaque depuis 15 pays, a déclaré Ella Pamfilova, à la tête de cet organe. "Ce 18 mars, nous avons repoussé une attaque DDoS ('distributed denial of service' ou 'attaque par déni de service') entre 02h00 et 05h00. Le pic est survenu à 02h20 heure de Moscou (00h20 HB). Les sources de cette attaque ont été localisées dans 15 pays", a-t-elle ajouté, citée par l'agence TASS.

Une cybarattaque DDoS vise à rendre les serveurs indisponibles, en envoyant une multitude de requêtes. Les médias russes auraient également été touchés par plusieurs attaques informatiques, ainsi que différents sites internet russes ces derniers jours.

Les Russes votaient dimanche pour une présidentielle qui devrait sacrer le triomphe de Vladimir Poutine, l'opposition dénonçant des fraudes pour légitimer un scrutin sans suspense par une forte mobilisation. Selon la Commission électorale, la participation globale s'établissait à 8 h  HB à 16,55%, soit bien davantage que lors des élections précédentes à la même heure.

L'agence publique TASS a pour sa part fait état de taux de participation dépassant les 60%, voire les 70%, dans les régions de l'Extrême-Orient russe, où le vote, pour lequel plus de 107 millions d'électeurs sont appelés aux urnes, s'est terminé plus tôt compte tenu du décalage horaire.

Les autorités ont mené des campagnes massives d'information et d'incitation au vote, facilitant le vote hors du lieu de résidence mais aussi, selon des médias, en faisant pression sur les fonctionnaires ou les étudiants pour aller aux urnes.

Des militants de l'opposition ont fait par exemple état dimanche d'électeurs amenés en bus dans les bureaux de vote par la police ou de coupons de réductions distribués aux Russes se rendant aux urnes.

Le principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny, a été exclu de la course après avoir été déclaré inéligible par la Commission électorale en raison d'une condamnation judiciaire pour détournement de fonds, qu'il dénonce comme orchestrée par le pouvoir.

Bourrage d'urnes

Jouissant d'une fidèle base de soutiens dans tout le pays, M. Navalny a appelé au boycott de l'élection et dépêché plus de 33.000 observateurs dans les bureaux de vote.

L'opposant a diffusé dès dimanche matin une vidéo qu'il a présentée comme montrant un bourrage d'urne dans un bureau de vote en Extrême-Orient, sur lequel la Commission électorale a promis d'enquêter. Les partisans de l'opposant ont pour leur part dénoncé des entraves au travail des observateurs.

Loué par les uns pour avoir ramené la stabilité après les dures années 1990 et vilipendé par les autres pour un net recul des libertés, Vladimir Poutine est crédité d'environ 70% des intentions de vote dans les derniers sondages. "Après avoir ramené la Crimée (dans le giron russe), Poutine est devenu un héros à mes yeux. C'est la chose principale pour moi", explique à l'AFP Olga Matiounina, une économiste à la retraite de 65 ans après avoir déposé son bulletin dans l'urne. "Les quatre dernières années, on a eu les sanctions (occidentales), mais nous avons aussi construit beaucoup, de nouvelles usines ont ouvert, l'inflation est faible", affirme-t-elle, tout en reconnaissant que la qualité de vie avait diminué sous le dernier mandat du président.

"Tout le monde sait qui sera élu. On en perd l'envie (d'aller voter) et on a le sentiment que rien ne dépend de nous", indique de son côté Boris, un cadre de 39 ans interrogé à Saint-Pétersbourg.

Après avoir voté à Moscou, le président russe a assuré qu'il se satisferait de n'importe quel score du moment qu'il lui "donne le droit d'exercer la fonction de président".

Symboliquement, le scrutin de dimanche se tient quatre ans jour pour jour après la ratification du rattachement de la péninsule ukrainienne de Crimée à la Russie, décidé à l'issue d'un référendum jugé illégal par Kiev et les Occidentaux.

En représailles à la tenue de la présidentielle en Crimée, Kiev a décidé de bloquer le vote des électeurs russes résidant en Ukraine. Des dizaines de policiers, ainsi que des militants nationalistes, bloquaient ainsi l'accès aux consulats russes dans plusieurs grandes villes du pays dimanche.

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