La Corée du Nord teste une bombe nucléaire "avec succès"

Une image mise en ligne ce dimanche par le régime nord-coréen montrant Kim Jong Un prenant des informations sur le programme nucléaire de défense de son pays. ©REUTERS

La Corée du Nord a procédé ce dimanche à l'essai souterrain d'une bombe à hydrogène capable d'être transportée par un missile balistique intercontinental. "Un succès parfait", selon le régime nord-coréen. Sur la scène internationale, la Chine, la Corée du Sud et le Japon ont fermement condamné ce tir.

C'est le sixième essai nucléaire mené par le régime nord-coréen depuis 2006, le premier depuis que Donald Trump est devenu président des Etats-Unis. Ce tir a été ordonné par le dirigeant Kim Jong Un, quelques heures après l'annonce officielle que Pyongyang était parvenu à développer une nouvelle arme nucléaire dotée d'une "grande capacité destructrice", selon les précisions apportées par la télévision d'état.

Cette bombe à hydrogène, bombe H, peut être "destinée à être chargée dans le nouveau missile intercontinental", a rapporté l'agence de presse officielle nord-coréenne KCNA. Les médias du régime de Pyongyang ont aussi signalé que ce nouvel essai, d'une puissance nettement supérieure aux précédents, constituait une étape "significative" dans la stratégie nucléaire du pays.

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Sous la direction de Kim Jong un, au pouvoir depuis cinq ans, la Corée du Nord a poursuivi à un rythme sans précédent les travaux visant à développer des armes nucléaires et des missiles balistiques, défiant ouvertement les sanctions des Nations unies et les pressions de la communauté internationale. Le pays a effectué l'an dernier ses quatrième et cinquième essais nucléaires. Ce sixième tir est donc le premier essai nucléaire depuis l'arivée de Donald Trump à la Maison Blanche.

Un message direct aux Américains

La déflagration a été ressentie jusqu'au nord-est de la Chine. ©USGS

L'esai mené dimanche a provoqué un premier séisme d'une magnitude de 6,3, enregistré à 11h30, heure locale (05h30, heure belge) par l'institut américain de sismologie, l'USGS. Dix minutes plus tard, une seconde secousse, moins forte, a également été ressentie. La magnitude de la première secousse est, selon les sismologues américains, bien plus forte que celle recensée lors des tests antérieurs. "C'est une explosion plutôt qu'un séisme", d'après Jana Pursely, chercheuse à l'USGS, qui suppose que  cet essai est d'une puissance dix fois supérieure à celui conduit en septembre 2016.

Cette nouvelle initiative du régime de Kim Jong un pose un défi direct au président américain. Donald Trump s'était entretenu quelques heures auparavant au téléphone avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe de l'escalade de la crise nucléaire dans la péninsule coréenne. Ils ont convenu de la nécessité d'accentuer la pression sur Pyongyang.

L'essai nucléaire prouve que le pays est à la fois "dangereux" pour les Etats-Unis et une source d'"embarras" pour la Chine, a jugé le président des États-Unis dans une série de messages publiés sur Twitter.

"La Corée du Sud s'aperçoit, comme je le leur ai dit, que leur discours d'apaisement avec la Corée du Nord ne fonctionnera pas, ils ne comprennent qu'une chose!", a-t-il ajouté.

A Tokyo, ce dimanche, le visage du Kim Jong Un est largement diffusé dans les médias ©AFP

Le Japon est très préoccupé par ce nouveau tir. La Défense nipponne est en alerte. Trois avions militaires ont été déployés dans le ciel pour procéder à des tests de radiation.

→ Lire également notre reportage au Japon, "En cas de missile, on ne sait pas vraiment où aller"

Le Japon a aussi immédiatement envisagé l'adoption de nouvelles sanctions contre le régime ermite de Pyongyang, en particulier sur le commerce des produits pétroliers. La Chine, un des rares alliés du gouvernement de Kim Jong un, a fermement condamné cet essai et s'est engagée à appliquer pleinement les sanctions prévues par les résolutions de l'Onu. La Corée du Sud va également soutenir l'adoption de nouvelles sanctions onusiennes pour "isoler complètement" le Nord.

Quant à la Russie, son ministère des Affaires étrangères a fait part de sa profonde préoccupation et estime que cet essai a été conduit en violation du droit international, ce qui constitue "une menace grave pour la paix et la sécurité" dans la région.

De nouvelles sanctions européennes

La chancelière Angela Merkel, le président Emmanuel Macron et le chef du gouvernement italien Paolo Gentiloni sont favorables à "un durcissement" des sanctions de l'Union européenne contre la Corée du Nord après son essai nucléaire, ont indiqué le gouvernement allemand et l'Elysée.

Lors d'une conversation téléphonique, les deux dirigeants allemand et français ont jugé que "la dernière provocation en date du dirigeant à Pyongyang a atteint une nouvelle dimension", indique le gouvernement allemand. Emmanuel Macron s'est aussi entretenu dimanche avec Paolo Gentiloni, qui partage la position franco-allemande "sur la nécessité d'une réaction internationale forte", "notamment au Conseil de Sécurité (de l'ONU) et à l'UE, qui devra prendre de nouvelles mesures de sanctions" contre Pyongyang.

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