La Syrie rejette l'accord américano-turc sur la zone tampon

l'YPG est la milice kurde qui contrôle des zones du nord de la Syrie. ©EPA

La Turquie et les Etats-Unis avaient décidé d'établir un "centre d'opérations conjointes" pour coordonner la création d'une zone de sécurité dans le nord de la Syrie. Il s'agit de prévenir un affrontement entre forces turques et kurdes. Mais Damas dit "non", refusant cette intrusion sur son sol.

Un accord américano-turc visant à établir un centre d'opérations conjointes pour le nord de la Syrie. Il s'agit de coordonner la création d'une "zone de sécurité" à cet endroit, une mesure visant à prévenir un affrontement entre forces turques et kurdes.

Cette décision était intervenue après trois jours d'intenses négociations entre Ankara et Washington, qui cherche à éviter une nouvelle opération militaire turque contre les Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde qui contrôle des zones du nord de la Syrie. Pour rappel, ces YPG sont l'épine dorsale des Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition de combattants kurdes et arabes que les Etats-Unis et d'autres pays occidentaux ont appuyée contre les djihadistes du groupe Etat islamique.

Damas a annoncé ce jeudi matin, via son média d'Etat, que l'Etat syrien rejetait cet accord américano-turc sur la zone tampon.

Pourquoi? "L'accord constitue une agression flagrante contre la souveraineté et l'unité territoriale syriennes ainsi qu'une violation des principes du droit international." "La Syrie appelle la communauté internationale et les Nations unies à condamner cette agression américano-turque qui constitue une escalade dangereuse (...) et sape tous les efforts visant à trouver une sortie à la crise syrienne." 

La Syrie rejette catégoriquement l'accord des deux occupants américain et turc sur la création de ce qui est appelé zone de sécurité.
Sana, l'agence de presse syrienne publique

 

Le soutien de Washington aux YPG empoisonne depuis plus de trois ans les relations entre Washington et Ankara. La Turquie avait multiplié ces derniers jours les menaces d'intervention contre les positions kurdes dans cette région, après des mois de négociations infructueuses avec les Etats-Unis sur l'idée de zone de sécurité, née en janvier après l'annonce d'un futur retrait américain de Syrie. Mardi encore, Erdogan affirmait que, faute d'accord, il lancerait "très bientôt" une opération. Ankara dénonce les liens entre les YPG et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui livre une sanglante guérilla en Turquie depuis 1984, redoute que l'implantation d'une zone autonome kurde à sa frontière ne galvanise les velléités séparatistes sur son sol.

Damas accuse les Kurdes syriens d'être un "outil" dans ce "projet hostile" américano-turc en raison de leur alliance avec Washington. Selon le régime, les Kurdes "assument une responsabilité historique" dans la conclusion de l'accord. Les autorités syriennes appellent les Kurdes "à retourner au sein du giron national", selon une source diplomatique syrienne citée par Sana. 

Ces derniers mois, le président syrien Bachar al-Assad a fait part de sa volonté de reconquérir les zones kurdes par "la force" ou à travers des accords dits de "réconciliation".

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