Trois cas confirmés du coronavirus en France, les premiers en Europe

Un patient suspecté d'avoir contracté le nouveau coronavirus est pris en charge au Queen Elizabeth Hospital de Hong Kong. ©REUTERS

Trois cas du nouveau coronavirus chinois ont été "confirmés" en France, les premiers avérés en Europe. Le virus apparu en Chine continue donc de se propager. Le dernier bilan fait état de 41 morts et de 1.300 malades déclarés. Plus de 56 millions de personnes sont désormais en quarantaine en Chine.

Trois cas du nouveau coronavirus chinois ont été "confirmés" en France, les premiers avérés en Europe. C'est ce qu'a annoncé ce vendredi soir la ministre française de la Santé Agnès Buzyn. Le premier cas concerne un patient hospitalisé à Bordeaux et le deuxième à Paris, a précisé la ministre, assurant que les autorités allaient faire tout leur possible pour "circonscrire" la propagation du virus. 

Le troisième cas est un "proche parent de l'un des cas qui était en cours d'investigation", selon un communiqué du ministère. Les trois personnes avaient séjourné en Chine et sont hospitalisées à Bordeaux (sud-ouest) et à Paris, avec des mesures "d'isolement".

De l'autre côté de la planète, plus de 56 millions d'habitants du centre de la Chine sont désormais bloqués par des mesures anti-épidémie, après la quarantaine imposée en réponse au nouveau coronavirus. Une commune riveraine du Yangtsé, Jingzhou, a imposé une interdiction de quitter la ville en train, en bateau ou en autocar. La localité, qui compte plus de 6 millions d'habitants, est la neuvième à faire l'objet d'une telle mesure dans la région de Wuhan, la métropole au cœur de l'épidémie.

En Chineau moins 41 personnes ont succombé à la maladie liée au virus, selon un décompte de ce vendredi, dont une deuxième en dehors du berceau de l'épidémie. Le nombre de cas de contamination confirmé atteint désormais 1.300 dans la République populaire, a annoncé ce vendredi matin la Commission nationale de la santé. Sur les 1.300 cas, 237 sont jugés critiques, selon la Commission, tandis que 34 patients "guéris" ont quitté l'hôpital. Plus d'un millier de cas suspects sont en cours d'examen.

D'autres cas ont été confirmés au Japon, aux Philippines, à Taïwan, en Thaïlande, en Arabie Saoudite, à Singapour, en Corée du Sud, au Vietnam et aux États-Unis. Au Japon, le gouvernement vient de lever le niveau d'alerte et demande à tous ses citoyens de ne pas se rendre dans la province chinoise contaminée. 

Quel impact en Belgique?

Le ministère belge des Affaires étrangères a décidé d'adapter ses recommandations. Il conseille aux Belges de reporter les voyages non essentiels dans la province chinoise de Hubei. 

Les Affaires étrangères soulignent qu'à "condition de respecter les précautions d'usage, il est possible de voyager (ailleurs) en Chine en sécurité".

Les personnes appartenant à des groupes vulnérables telles que les personnes âgées ou atteintes de maladies chroniques présentent un risque accru. Une transmission du virus de personne à personne est possible.

Et à Liege Airport?

Seules des mesures préventives ont pour le moment été mises en place à Liège Airport concernant le coronavirus, y indique-t-on vendredi. L'aéroport de Bierset, spécialisé dans le fret, n'est en effet plus directement relié depuis plusieurs mois à la ville de Wuhan.

Il n'y pas de contamination possible au travers d'une manutention de colis, souligne son porte-parole Christian Delcourt. Le seul risque, serait l'importation d'animaux vivants en provenance de Chine.

 Visit.brussels s'attend à un impact non négligeable

La décision des autorités chinoises d'interdire aux agences du pays de vendre des voyages intérieurs et extérieurs en raison de l'épidémie en cours aura un impact non négligeable à Bruxelles, estime Visit.brussel vendredi. "Le marché chinois est l'un de ceux à la croissance la plus importante pour le tourisme bruxellois", avance un porte-parole. 

"Nous n'avons pas encore eu de communication officielle de nos contacts chinois sur cette décision, mais nous nous tenons informés", poursuit le porte-parole. En ce qui concerne les nuitées à Bruxelles, le marché chinois représente environ 5%. 

La chaîne de fast-food américaine McDonald's a fermé plusieurs restaurants dans des villes chinoises. Il s'agit de tous les restaurants situés dans cinq villes de la province de Hubei dont Wuhan, hermétiquement confinée du reste du pays. McDonald's a par ailleurs octroyé 1 million de yuans (131.000 euros) à la Wuhai Charity Foundation, qui lutte contre le virus. 

Construire un hôpital en 10 jours

La Chine a entamé vendredi la construction d'un hôpital destiné à accueillir d'ici 10 jours un millier de patients victimes du nouveau coronavirus, ont rapporté les médias publics.

©BELGAIMAGE

Selon des images diffusées à la télévision chinoise, des dizaines d'engins de chantier étaient occupés à préparer le terrain sur lequel doit s'élever l'établissement à Wuhan (centre), la ville de 11 millions d'habitants au cœur de l'épidémie.

Les travaux doivent être achevés en un temps record et l'hôpital, de 25.000 m2, ouvrira ses portes le 3 février, selon l'agence Chine nouvelle. Il accueillera exclusivement des malades de la pneumonie virale d'origine inconnue.

La Chine s'est engagée à construire un nouvel hôpital dans les six jours à Wuhan

Le coronavirus potentiellement plus grave pour les actions européennes

Par rapport à 2002-2004, les entreprises européennes sont plus exposées à la Chine et à l'Asie en générale
Credit Suisse

Le nombre de personnes atteintes par le coronavirus et les caractéristiques connues de l'épidémie continuent d'inciter les investisseurs à comparer cette épidémie avec celle du Sras qui avait culminé en 2003, même si le nombre de victimes et la propagation du virus sont pour l'instant moins préoccupants.

Toutefois, "par rapport à 2002-2004, les entreprises européennes sont plus exposées à la Chine et à l'Asie en général", explique Credit Suisse dans une note sur le sujet, ajoutant qu'"une répétition de l'épidémie de Sras, ou même un scénario moins grave, pourrait avoir plus de conséquences pour les actions européennes que ce ne fut le cas à l'époque".

L'impact du coronavirus sur les marchés

Les marchés asiatiques sont plutôt calmes pour l'instant. La panique autour du coronavirus semble s'apaiser grâce aux déclarations de l'OMS qui a jugé jeudi qu'il était "trop tôt" pour déclencher l'alerte internationale face au virus apparu en Chine et qui s'est répandu dans plusieurs pays.

La Bourse de Tokyo a terminé la séance de vendredi sur un petit rebond, malgré les craintes liées à l'épidémie. À l'issue des échanges, l'indice Nikkei des 225 valeurs vedettes a pris 0,13% à 23.827,18 points et l'indice élargi Topix a stagné (-0,00%, ou -0,06 point) à 1.730,44 points. Les deux ont oscillé toute la journée au gré, notamment, des informations sur l'évolution de l'épidémie de pneumonie d'origine virale.

La Bourse de New York avait terminé en ordre dispersé jeudi, continuant à réagir aux dernières informations sur la propagation à l'étranger du coronavirus tout en digérant une salve de résultats de grandes entreprises.

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