Le coronavirus, un choc pour l'économie sud-coréenne

Les rues commerçantes à Daegu (sud-est du pays) sont désertes.

Frappée de plein fouet par le coronavirus, la Corée du Sud s’inquiète autant pour la santé de la population que pour son économie. L’indice boursier Kospi a certes terminé la séance de mardi sur une hausse de 1,15%. Mais il s’agissait d’un rattrapage, l’indice ayant plongé de près de 4% le 24.

L’indice Kospi de la Bourse de Séoul a certes terminé la séance de mardi sur une hausse de 1,15%. Mais il s’agissait d’un rattrapage, l’indice ayant plongé de près de 4% le 24.

Signe de l’inquiétude latente, le ministre des Finances, Hong Nam-ki, a annoncé le déblocage immédiat de 2.000 milliards de wons (1,5 milliard d’euros) pour soutenir l’activité, "une nécessité compte tenu de la forte augmentation du nombre de personnes infectées". Mardi, le bilan de la maladie en Corée du Sud était de 10 morts et de 977 contaminations, 144 de plus que la veille.

Les cas se concentrent dans le sud-est du pays, notamment à Daegu et dans le comté de Cheongdo, désignés "zone d’administration spéciale" et aujourd’hui à l’arrêt.

"Huit entreprises sur dix subissent l’impact de l’épidémie de coronavirus."
Institut coréen de recherche économique

De quoi s’interroger pour l’économie, dont tous les secteurs semblent affectés. Les compagnies aériennes ont prolongé d’un mois, jusqu’au 25 avril, la suspension des vols vers la Chine. Un coup dur pour elles après une année 2019 difficile. Korean Air, leader du secteur, a décidé de céder des activités non rentables pour réduire ses coûts. Le numéro deux, Asiana Airlines, a demandé à 10.500 employés de prendre des congés non payés et a réduit de 40% les salaires des dirigeants.

Dans l’automobile, les constructeurs Hyundai et Kia ont relancé le 24 février leur production après avoir été contraints de l’arrêter au début du mois. Les deux groupes subissaient une pénurie de pièces détachées, majoritairement importées de Chine et notamment de Wuhan. La ville au cœur de l’épidémie de coronavirus est un bastion du secteur automobile en Chine. Les deux constructeurs ont dû organiser un approvisionnement d'Asie du sud-est.

Dans la distribution, le ralentissement de la consommation, qui dépend d’un tourisme dominé par les visiteurs chinois, a amené les géants du secteur à annoncer que leurs bénéfices pourraient chuter en moyenne de 30% en 2020.

Dans ce contexte, l'agence de notation mondiale Moody's a abaissé ses perspectives de croissance de la quatrième économie asiatique en 2020 à 1,9% contre 2,1% précédemment. "Huit entreprises sur dix subissent l’impact de l’épidémie de coronavirus", a par ailleurs constaté l’Institut coréen de recherche économique (KERI) qui a annoncé une baisse de l’indice BSI de confiance des entrepreneurs, à 78,9 pour le mois de mars. Il n’a jamais été aussi bas depuis la crise financière de 2008.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés