Le Covid-19 fragilise l’unanimité derrière les JO de Tokyo

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Confronté à une quatrième vague de Covid-19 qu’il peine à endiguer et à une campagne de vaccinations trop lente, le gouvernement japonais réussit de moins en moins à convaincre du bienfondé des Jeux olympiques.

L’assurance affichée jusque-là sur la tenue des Jeux olympiques de Tokyo par leurs organisateurs se craquèle. Le Premier ministre japonais, Yoshihide Suga a reconnu le 10 mai qu'il n'avait jamais "placé les JO en premier" et que sa priorité était de "protéger la santé des Japonais".

M. Suga s’exprimait au Parlement, en réponse aux questions d’une opposition qui n’hésite plus à exprimer ses doutes sur le maintien d’un événement qui faisait pourtant l’unanimité il y a encore un an. Yukio Edano, du Parti démocratique constitutionnel (PDC, opposition) juge désormais "impossible de protéger le peuple japonais tout en organisant les JO". 

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Le nombre de contaminations le 8 mai, le double du 10 avril et un niveau jamais atteint depuis début janvier.

La quatrième vague de Covid-19 vécue depuis début avril par l’archipel inquiète de plus en plus. Six des 47 départements vivent depuis ce mardi sous le régime de l’état d’urgence face au Covid-19. Pour quatre d’entre eux, dont Tokyo et Osaka, la mesure a été prolongée, car le nombre de contaminations, et surtout d’hospitalisations, ne faiblit pas. 1 176 malades sont dans un état grave dans tout l’archipel, un chiffre record, multiplié par trois en un mois.

Soutien inconditionnel du CIO

De quoi fragiliser le gouvernement qui maintient sa volonté d’organiser l’événement olympique dont le coût dépasse 12,8 milliards d’euros. Il bénéficie du soutien inconditionnel du Comité international olympique (CIO), dont le président, Thomas Bach, a toutefois reporté à juin la visite prévue les 17 et 18 mai.

À deux mois et demi de l’ouverture des Jeux le 23 juillet, les préparatifs nourrissent un mécontentement de moins en moins caché, exacerbé par des annonces comme celle disant que les JO nécessitaient la mobilisation de 10.000 prestataires de santé afin d’assurer le suivi des 15.000 athlètes et des délégations.

La colère tient à l’augmentation du nombre de malades due à la présence des variants qui devraient représenter 90% des contaminations à la mi-mai, mais aussi aux difficultés de la vaccination. Seuls 2,77% de la population avaient reçu une dose le 11 mai.

Dans ce contexte, la pétition lancée le 4 mai par l’avocat et politicien Kenji Utsunomiya pour obtenir l’annulation des JO a rencontré un franc succès, rassemblant près de 330.000 signatures en une semaine. L'hôpital Tachikawa Sogo, à Tokyo, a collé une bannière sur sa façade disant: "Les capacités médicales ont atteint leurs limites. Arrêtez les Jeux olympiques!". Le tout alors que les sondages indiquent qu’une majorité de Japonais restent favorables à un report ou à l’annulation de l’événement.

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