Le Japon arrêtera dimanche son seul réacteur nucléaire en service

(© Yuriko Nakao) ©Bloomberg

Le seul réacteur nucléaire encore en service au Japon sera arrêté dimanche pour maintenance. Plusieurs demandes de certification de réacteurs ont été déposées. Mais l'autorité nucléaire et le gouvernement japonais doivent encore les examiner.

Une compagnie d'électricité de l'ouest du Japon arrêtera dimanche pour maintenance le seul réacteur en service dans l'archipel, lequel sera de nouveau totalement privé d'énergie nucléaire pendant plusieurs mois.

Kansai Electric Power (Kepco) doit effectuer les premières manipulations requises dimanche vers 17 heures locales (10 heures en Belgique), et le réacteur numéro 4 de la centrale d'Ohi (ou Oi, ouest) devrait être totalement stoppé lundi matin.

Toutes les centrales nippones avaient progressivement été mises hors service sine die par précautions supplémentaires à la suite de l'accident de Fukushima causé par le séisme et le tsunami du 11 mars 2011 dans le nord-est du Japon.

Kepco avait toutefois reçu en juin 2012 l'autorisation des autorités locales et du Premier ministre d'alors, Yoshihiko Noda, pour remettre en service les réacteurs 3 et 4 d'Ohi, juste avant l'installation de la nouvelle autorité de régulation il y a tout juste un an.

L'unité 3 avait été relancée le 1er juillet 2012. Il s'agissait du premier redémarrage réel depuis l'accident de Fukushima en mars 2011 et de la fin d'une brève période sans énergie atomique. Ce réacteur a été de nouveau stoppé le 2 septembre dernier, également pour entretien régulier. Les réacteurs nippons doivent obligatoirement être arrêtés pour une session de maintenance régulière après 13 mois de fonctionnement en continu.

Zéro nucléaire

L'unité 4 avait pour sa part été réactivée le 19 juillet 2012. Une fois coupée dimanche, le Japon se retrouvera de nouveau totalement privé d'énergie nucléaire comme ce fut le cas de mai à juillet 2012.

Aucun réacteur nucléaire ne pourra redémarrer tant que l'autorité nucléaire ne se sera pas prononcée sur sa sûreté.  Kansai Electric a d'ores et déjà déposé des dossiers pour que la sûreté des réacteurs 3 et 4 d'Ohi soit certifiée au plus vite, à l'aune de nouvelles normes plus strictes entrées en vigueur le 8 juillet dernier, afin de les relancer après les opérations d'entretien régulier. Des travaux sont prévus pour qu'ils soient mis en conformité avec les nouvelles normes imposées par l'autorité elle-même.

Le rôle de cette dernière n'est toutefois pas de décider de relancer des réacteurs mais d'établir un jugement sur leur sûreté. La décision finale d'autoriser la redémarrage revient au pouvoir politique. Le gouvernement de droite de Shinzo Abe est pour sa part favorable à la réactivation des réacteurs du pays, mais assure qu'il se conformera à l'avis de l'autorité, statutairement indépendante.

En attendant, si les compagnies parviennent néanmoins à fournir assez d'électricité, c'est qu'elles font turbiner à plein régime des centrales thermiques (dont une partie ont même été réactivées spécialement) et que les consommateurs font des économies.

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