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Le magnat de la presse Jimmy Lai condamné à 14 mois de prison à Hong Kong

Jimmy Lai avait été arrêté en août dernier en vertu de la loi controversée sur la sécurité à Hong Kong. ©AFP

Le patron de presse Jimmy Lai a été condamné à une nouvelle peine d'emprisonnement pour avoir pris part à une manifestation interdite par la Chine en 2019.

L'implacable répression chinoise poursuit son cours à Hong Kong. Jimmy Lai a été condamné, ce vendredi, à 14 mois de prison pour avoir organisé et participé à un rassemblement interdit le 1er octobre 2019, le jour du 70e anniversaire de la Chine communiste. Le riche septuagénaire est le patron d'un groupe de presse pro-démocratie et ouvertement critique de Pékin.

Au total, le magnat de la presse est visé par des accusations passibles d'une peine maximale de prison à vie.

Son arrestation en août 2020 et la perquisition de son groupe de presse en vertu de la loi controversée sur la sécurité avait marqué un nouveau tournant dans la reprise en main musclée de l'ex-colonie britannique par Pékin. Jimmy Lai faisait l'objet de sept chefs d'accusation pour des soupçons de collusion avec des forces étrangères et de fraude. Il avait plaidé coupable pour l'accusation concernant la manifestation d'octobre 2019.

Jimmy Lai avait déjà été condamné en avril à 14 mois de prison pour des manifestations non autorisées en août 2019. Cette dernière condamnation ajoute six mois à sa peine. Au total, le magnat de la presse est visé par des accusations passibles d'une peine maximale de prison à vie.

L'affront au régime communiste

Le 1er octobre 2019, de violents affrontements avaient eu lieu entre des militants radicaux et les forces de l'ordre, en marge du rassemblement qui s'était déroulé de manière pacifique.

"Il était naïf de croire qu'un appel à une conduite pacifique et rationnelle suffirait à garantir l'absence de violence."
Amanda Woodcock
La juge qui a prononcé la peine d'emprisonnement

La manifestation avait pris une tournure violente lorsque la police avait commencé à réprimer les contestataires. Pékin avait vécu comme un camouflet l'important taux de participation de la population à ce rassemblement, le jour de la Fête nationale de la Chine communiste.

"Il était naïf de croire qu'un appel à une conduite pacifique et rationnelle suffirait à garantir l'absence de violence", a déclaré la juge Amanda Woodcock en prononçant la peine d'emprisonnement.

Sept autres figures du mouvement pro-démocratie, parmi lesquelles Figo Chan, un jeune militant de 25 ans, les ex-députés Lee Cheuk-yan et Leung Kwok-hung, et Albert Ho, ancien chef du Parti démocratique et candidat au poste de chef de l'exécutif d’Hong Kong, ont également été condamnés à de nouvelles peines, de 14 à 18 mois de prison. Deux des militants ont été condamnés à des peines avec sursis.

Refonte du processus électoral

Ces verdicts interviennent un jour après que l'assemblée législative d’Hong Kong a approuvé une refonte radicale des élections du centre financier et interdit les veillées pro-démocratie massives du 4 juin, jour du 32e anniversaire de la répression de la place Tiananmen.

Les autorités ont envoyé des lettres menaçant les banquiers de Jimmy Lai de sept ans de prison s'ils traitent l'un de ses comptes dans le centre financier asiatique.

L'adoption de ce projet de loi marque le point culminant des efforts de Pékin pour prendre le contrôle de l'élection des dirigeants dans l'ancienne colonie britannique, en lui donnant un droit de veto sur les candidats.

Des actions gelées en bourse

Le 14 mai, les autorités avaient, par ailleurs, gelé certains actifs de Jimmy Lai. Ses actions de sa société Next Digital ont également été suspendues à la bourse d’Hong Kong, tandis que les autorités ont envoyé des lettres menaçant les banquiers de Jimmy Lai de sept ans de prison s'ils traitent l'un de ses comptes dans le centre financier asiatique.

C'est la première fois qu'elles invoquent la loi sur la sécurité pour geler les actions d'un investisseur important dans une société cotée en bourse, une mesure qui pourrait effrayer les investisseurs.

Ryan Law, le rédacteur en chef d'Apple Daily. ©AFP

La survie du journal prodémocratie Apple Daily, fondé par Jimmy Lai, est également menacée, les journalistes se demandant s'ils seront les prochains à être mis derrière les barreaux.

"Je suis confronté à la pire crise depuis mon arrivée à tête de la rédaction, il y a plus de trois ans", a affirmé le rédacteur en chef Ryan Law. "Certains collègues se demandent si Apple Daily finira par fermer lorsque le CEO ou moi-même serons arrêtés."

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