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Le Premier ministre arménien démissionne avant les législatives anticipées

L'Arménie est dans une impasse politique depuis sa défaite dans le conflit qui l'a opposée à l'Azerbaïdjan pour le contrôle de l'enclave du Nagorny Karabakh ©AFP

Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a annoncé dimanche qu'il démissionnait tout en continuant d'exercer ses fonctions par intérim jusqu'aux législatives anticipées de juin, qui visent à sortir le pays de la crise politique.

"Je démissionne aujourd'hui de mon poste de Premier ministre" avant les élections, a annoncé le chef du gouvernement arménien Nikol Pachinian sur sa page Facebook. Après cette annonce, tous les membres de son gouvernement ont présenté à leur tour leur démission, comme l'exige la loi en Arménie. Le Premier ministre avait déjà indiqué fin mars qu'il démissionnerait en avril "pour que des élections anticipées aient lieu". Il a cependant indiqué qu'il continuerait d'exercer ses fonctions à par intérim jusqu'aux législatives du 20 juin.

L'Arménie est dans une impasse politique depuis sa défaite cinglante dans le conflit qui l'a opposée à l'Azerbaïdjan à l'automne 2020 pour le contrôle de l'enclave du Nagorny Karabakh. L'opposition a réclamé pendant des mois le départ de Nikol Pachinian, qu'elle dénonce comme un "traître".

6.000
morts
Le conflit entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan a fait près de 6.000 morts dans les deux camps.

Nikol Pachinian est très critiqué pour avoir signé en novembre un accord de cessation des hostilités très défavorable à son pays. Ce cessez-le-feu avait été négocié alors que la situation était catastrophique pour l'Arménie, acculée et poussée à la retraite sur plusieurs fronts tandis que l'armée azerbaïdjanaise menaçait la capitale du Nagorny Karabakh.

Limogeage de hauts responsables militaires

La débâcle de leur armée a profondément marqué les Arméniens, victorieux d'un premier conflit peu après la chute de l'Union soviétique. La Russie, qui a parrainé l'accord de cessation des hostilités, a déployé des troupes de maintien de la paix au Nagorny Karabakh.

Les combats ont fait près de 6.000 morts dans les deux camps. Porté au pouvoir en 2018 par une révolution populaire dénonçant la corruption des élites post-soviétiques, Nikol Pachinian a accentué la colère fin février en décidant de limoger plusieurs hauts responsables militaires, les accusant d'avoir voulu fomenter un coup d'Etat.

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